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DEARMAN Lara - "La griffe du diable"

404 pages.

Éditions Robert Laffont - Collection La bête noire (2017).

«Poursuivie par ses démons, Jennifer Dorey a quitté Londres pour retourner dans sa maison d'enfance avec sa mère, à Guernesey, ou elle est devenue reporter au journal local. Elle pensait pouvoir souffler un peu. Elle avait tort. Quand le cadavre d'une jeune femme s'échoue sur une plage, la journaliste mène sa propre enquête et exhume plusieurs morts similaires qui s'étendent sur une cinquantaine d'années. Plus troublant encore, toutes les victimes avaient sur le bras des marques semblables à un symbole gravé sur un rocher de l'île : les « griffes du diable », dont la légende veut qu'elles aient été laissées par Satan lui-même...»    
INCIPIT: "Elle a hâte de sortir." 

6 - Bon moment de lecture

Dès la quatrième de couverture, ce roman avait beaucoup de points positifs pour m'intriguer. D'une part, le contexte. L'île de Guernesey, lieu où se déroule également le très bon roman "Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates", et sur le plan historique lieu d'exil de Victor Hugo qui y écrivit "Les misérables". D'autre part, pour l'atmosphère de superstitions si particulière qui y plane depuis toujours.

C'est dans ce lieu chargé d'histoire(s) que Jennifer Dorey va enquêter sur la mort d'une jeune femme, décès très similaire à d'autres morts suspectes survenues des années plus tôt et s'étalland presque sur un demi-siècle. Bientôt les superstitions et les légendes vont s'empresser d'entourer cet évènement d'une aura particulière. Et puis, que signifie ce symbole gravé sur le bras de la victime?...

L'ombre d'Agatha Christie plane sur ce roman. Lara Dearman est originaire de ce lieu si particulier. A mis chemin entre la France et le Royaume Uni, l'île est imprégnée d'un passif historique douloureux lors de la seconde guerre mondiale. Mais c'est ce côté mystérieux et ésotérique qui prédomine et que l'auteure retranscrit avec finesse. L'atmosphère est le moteur du roman, oppressante elle s'insinue partout comme un brouillard épais et cotonneux. Elle imprègne chaque élément de l'intrigue. 

 Même si tous les codes du roman de détection sont réunis, le roman de Lara Dearman s'oriente davantage vers la version plus actuelle qu'est le thriller. Et Guernesey en est le coeur. Les descirptions plongent le lecteur sur cette île anglo-normande et il découvre au fil des pages des détails historiques captivants. Les personnages principaux, à savoir la journaliste Jennifer Dorey, et le policier en chez de l'île Michael Gilbert, passent un peu en second plan. Comme beaucoup de héros, chacun a un lourd passé, un évènement traumatisant avec lequel il doit vivre.

Lara Darman mêle avec habileté la psychologie de ses personnages à l'enquête, qui se met en place. Les suspects s'additionnent, la tension monte, le lecteur suppute, se pose mille questions, croit tenir le coupable... et finalement le découvrir avant la grande révélation finale. Trop dommage! 

 

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Le roman est passionnant et le point négatif soulevé plus haut n'enlève rien à son intérêt. En tant que lecteur on ne peut que se demander si l'auteure va lancer une suite - voire une série - à ce récit, car le contexte est vraiment captivant pour développer cette idée, et les personnages ont du potentiel. Par contre il serait intéressant pour le lecteur que Lara Dearman soit plus arrêtée dans ses choix narratifs, cela ajouterait au suspense. Une belle découverte néanmoins.
Je remercie chaleureusement les Éditions Robert Laffont et surtout toute l'équipe de la Collection La bête noire de leur confiance.

 

La bête noire

 

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