willis

          4ème de couv.

"Au XXIe siècle, le professeur Dunworthy dirige une équipe d'historiens qui utilisent des transmetteurs temporels pour aller assister aux événements qui ont modifié l'avenir de l'humanité. Ned Henry est l'un d'eux. Dans le cadre d'un projet de reconstruction de la cathédrale de Coventry, il doit effectuer d'incessantes navettes vers le passé pour récolter un maximum d'informations sur cet édifice détruit par un raid aérien nazi en 1940. Toutefois, quand Dunworthy lui propose d'aller se reposer dans l'Angleterre de la fin du XIXe siècle, ce havre de tranquillité où rien n'est plus épuisant que de canoter sur la Tamise et de jouer au croquet, c'est avec empressement qu'il accepte. Mais Henry n'a pas entendu le professeur préciser qu'il devra en profiter pour corriger un paradoxe temporel provoqué par une de ses collègues qui a sauvé un chat de la noyade en 1988... et l'a ramené par inadvertance avec elle dans le futur. Et quand ce matou voyageur rencontre un chien victorien, cette incongruité spatio-temporelle pourrait bien remettre en cause... la survie de l'humanité !"

          Première phrase.

"Ce 15 novembre, en fin d'après-midi, je cherchais la potiche de l'évêque dans les ruines de la cathédrale de Coventry pendant que la nouvelle recrue regardait bouche bée les vitraux soufflés, que M. Spivens déterrait quelque chose près des marches de la sacristie et que Carruthers tentait de convaincre le bedeau que nous appartenions au corps des pompiers volontaires."

         Citations.

"La nymphe me regarda, ce qui me permit de constater que ses yeux étaient brun vert, sombres et clairs à la fois, de la couleur d'une mare au coeur d'une forêt."

"Tout engouement pour une personne a de nombreux points communs avec un déphasage temporel. Il s'agit d'un déséquilibre hormonal dont un repos réparateur peut  généralement venir à bout."

          Lilly's feeling.

Le roman commence comme un classique du genre qu'est le voyage dans le temps. C'est un livre très dense et très disparate en même temps. Le lecteur voyage des années 1888 en passant par 1395 et 1940 pour aller jusqu'en 2057. Il aborde des thèmes aussi variés que la littérature, les enquêtes policières, le romantisme, le canotage, le spiritisme, l'architecture, l'histoire et j'en passe. Je ne suis vraiment entrée dans le récit que lorsque Ned commence à canoter sur la Tamise en compagnie de Terence et Cyril. L'action commence lentement mais une fois que le lecteur est accroché, il se laisse emporter au fil de l'eau.

Connie Willis de son écriture fluide et agréable, emploie un ton tantôt scientifique, tantôt romantique avec une pointe d'humour voire de burlesque. Elle décrit principalement deux atmosphères, celle du futur d'où viennent les historiens comme Ned & Verity, et l'époque victorienne où se déroule le gros de l'histoire. C'est cette dernière que j'ai vraiment découverte et fortement appréciée. Un détail intéressant et déroutant est qu'à chaque début de chapitre, l'auteure a résumé celui-ci avec des mots clé, et à chaque fois j'essayais d'imaginer ce qui allait se passer, ce qui était encore plus déroutant lors de la découverte de l'histoire. C'est drôle.

La palette des personnages est très variée voire caricaturale, il y en a pour tous les goûts, et dans l'ensemble ils sont attachants, même ceux un peu exaspérants comme Tossie. Mon personnage préféré est Cyril. En fait c'est plutôt sa relation avec Ned qui m'a plu. Le professeur Peddick est digne du professeur Tournesol. Et Lady Shrapnell porte bien son nom. ^^ J'ai aimé les références policières de Verity sur Agatha Christie et Doroty Sayers. C'est un petit clin d'oeil sympa. Il y a beaucoup beaucoup d'autres allusions littéraires notamment les abondantes citations de Terence pour exprimer son amour par exemple, mais aussi à chaque début de chapitre où le lecteur peut découvrir des citations de la littérature classique, policière, poésie...

Le seul reproche  est la complexité des explications concernant les raisons des ce paradoxe temporel, le pourquoi du transfert de la Princesse Arjumand. Je n'ai pas non plus trop compris le rapport qu'il y avait avec l'issue de la guerre de  Waterloo, mais au final, cette incompréhension n'empêche pas le lecteur de prendre plaisir à sa lecture et de comprendre l'ensemble de l'histoire. Petit coup de déphasage temporel peut-être? ^^

Au final je me suis plus attachée à la vie amoureuse de Tossie et Terence davantage qu'à la question des voyages temporels (peut-être à cause de mon côté fleur bleue ou de la complexité des explications?!), ce petit paradoxe temporel au départ prenant beaucoup d'importance au final. Mais en fait le sujet principal du roman est la recherche de cette fichue et monstrueuse potiche d'évêque!! 

          En bref.

Ce livre entraîne le lecteur dans un vaudeville spacio-temporel totalement déroutant où il se perd avec plaisir parmi la complexité et la densité des détails. Je le conseille vivement à tous ceux qui n'aiment pas les histoires de voyage dans le temps et à ceux qui aiment aussi. Je le relirais avec plaisir dans quelques temps car j'ai sûrement loupé des détails intéressants et des explications techniques obscures lors de cette lecture, tant le roman est "énorme". Il faut savoir que le roman a reçu plusieurs prix dont le Hugo et le Locus en 1999.

          Mes compagnons de [LC], organisée par Bambi_Slaughter: Frankie, Reveline, Stellade.

          Pour en savoir plus sur l'auteure et son roman.

     Note        étoileétoileétoileétoileétoileétoileétoileétoile

 

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