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TAYLOR Laini - "Le faiseur de rêves"

664 pages.

Éditions Lumen (2018).

 

«C'est le rêve qui choisit le rêveur, et non l'inverse... Il est une ville, au centre du désert, où nul n'a le droit de se rendre sous peine de mort. De ses entrailles sortaient autrefois d'interminables caravanes chargées de trésors mais, depuis deux cents ans, la cité est coupée du reste du monde... Pire encore, un soir d'hiver, le nom de ce lieu de légende s'évanouit en un clin d'œil de la mémoire de tous – Lazlo Lestrange, orphelin de cinq ans à peine, ne fait pas exception à la règle. Frappé au cœur, le petit garçon restera irrémédiablement fasciné par cette énigme.»    

 

"Le jour du deuxième Sabbat de la
douzième Lune, dans la ville de
Désolation, une fille tomba du ciel." INCIPIT

 

 

Ce roman m'a interpellée par son titre totalement onirique, et lorsque j'ai découvert la couverture, magnifique, j'ai tout de suite su que j'allais plongé dans un univers totalement fascinant. L'accord entre ce bleu profond, et cette reproduction d'un papillon de nuit aux formes dorées et  ésotériques est très réussie. 

Lazlo Lestrange est un pauvre orphelin, qui mène une vie stricte, terne et dépouillé dans un monastère perdu dans la campagne. Son seul plaisir était les histoires et autres récits que lui contait frère Cyrus. Jusqu'au jour, où il eu l'opportunité d'apporter des documents à la Grande Bibliothèque  de Zosma, dont il ne revint jamais. Plongé au milieu des livres, il s'y perdit et s'y trouva. L'enfant continua de grandir et devint bibliothécaire au coeur du grand monument. Mais il restait le rêveur de son enfance, obscédé par cette cité au nom oublié. Puis une délégation de Tizerkanes menée par le tueur de dieux vint recruter des experts, et alors son esprit s'envola.

Laini Taylor, d'une plume poétique et précise, entraîne le lecteur dans un conte merveilleux, ou tout les marqueurs du genre se retrouvent: le petit orphelin terne et abandonné, la quête, les objets magiques, les alliés, les ennemis... L'autrice emporte son histoire dans un univers très travaillé mais toujours rationnel pour la période se déroulant à la grande bibliothèque, puis davantage fantastique pour la seconde partie du roman. 

Le personnage de Lazlo est un héros attachant, très candide et déterminé à atteindre son rêve peut importe le temps que cela lui prendra. Il se retrouve souvent le bouc émissaire du groupe dans lequel il se trouve, un peu trop original et rêveur probablement. Ses histoires et autres contes sont ce qui le caractérisent le plus. Il reste un grand rêveur tout au long du récit, et le lecteur aurait bien envie parfois de le secouer un peu. Cette lenteur est parfois nécessaire à l'histoire. Mais pas trop quand même.

La manière dont Laini Taylor amène l'univers du rêve est vraiment originale et très bien trouvée. Cette infinité de possibilités, mais les règles strictes auxquelles est soumise la déesse des cauchemars est vraiment captivant. L'onirisme y est très présent, et l'ensemble tout en étant captivant reste crédible. Concernant le but de l'expédition, le lecteur y est préparé, comme Lazlo d'ailleurs, mais l'autrice développe un univers et une Histoire si complexe et captivante que les pages se tournent de plus en plus vite. Jusqu'à la chute.

Forcément! Quel destin cruel... Du coup, le lecteur est tout en émoi. Il se dit qu'il va attendre pour lire la suite de cette histoire. Que tout ça pour ça, c'est vraiment rageant. Et cette gamine irritante et cruelle, dont on comprend la souffrance et la haine, mais qui ne regarde que par un bout de la lorgnette, et que l'on aurait bien envie de secouer à défaut de la jeter dans le vide... 

 

"Le faiseur de rêves" offre dans ce premier tome un récit maîtrisé son récit de bout en bout. A travers un univers très travaillé, constellé de détails et d'une histoire tragique, Laini Taylor fait traversé au lecteur des états de bien-être puis de tristesse sans sourciller. Lazlo est un personnage attachant dont l'avenir réserve encore bien des surprises. Mais je ne sais pas encore si je vais lire ce second tome. Il faut que je laisse décanter un peu celui-ci...

 

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Excipit  "Car cette histoire n'était pas encore terminée."

 

 

 

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