Jennifer Egan - « La maison en pain d'épices »
EGAN Jennifer- « La maison en pain d'épices »
390 pages.
Éditions Robert Laffont (2022).
« Bix Bouton a 40 ans, quatre enfants, et en apparence tout pour être heureux. Son entreprise, Mandala, connaît un succès tel qu’il est devenu l’un de ces « demi-dieux de la technologie » admirés de tous. Pourtant, il est tourmenté, insatisfait, en quête désespérée d’une nouvelle idée – jusqu’au jour où il tombe par hasard sur un groupe de discussion dont l’un des membres, professeur à l’université, expérimente un nouveau concept : l’externalisation de la mémoire. Nous sommes en 2010. En l’espace d’une décennie, OwnYourUnconscious, la nouvelle technologie développée par l’entreprise de Bix permettant non seulement d’accéder à tous ses souvenirs mais aussi de les partager en échange de l’accès à ceux des autres, a séduit les foules. Mais à quel prix ? Roman miroir de Qu’avons-nous fait de nos rêves ?, prix Pulitzer 2011, La Maison en pain d’épices est un récit électrisant, foisonnant et terriblement actuel sur la quête d’authenticité, de lien et de sens dans un monde où la mémoire et les identités ne nous appartiennent plus. »
INCIPIT - « Une envie me tenaille, déclara Bix, qui s'étirait les épaules et le dos à côté du lit, un rituel du soir avant de se coucher. »
Découverte absolue de cette auteure qui a reçu le prix Pulitzer pour son roman « Qu'avons-nous fait de nos rêves ? ». Selon certaines chroniques, on retrouverait certains des personnages de ce roman dans « La maison en pain d'épices ». Ce qui veut dire qu'il faudrait que je le lise également. À voir selon mon appréciation de cette première lecture.
Bix Brouton est une des personnalités phares du monde numérique après avoir créer sa société : Mandala. Mais, il tourne en rond et aimerait bien être à l'origine d'une innovation technologique encore plus impactante pour la société actuelle. C'est ainsi que tout à fait par hasard, il découvre au détour d'un forum, le concept d'externalisation de la mémoire. Et il le sait, il tient son idée révolutionnaire. Mais est-ce vraiment une évolution pour la société, ou juste une manière de déposséder l'être humain de son intimité ?
La plume de Jennifer Egan est assez déroutante, de même que la structure du roman. Le lecteur peut même s'interroger si la précédente œuvre de l'auteure était conçue de la même façon, parce qu'il faut vraiment s'accrocher. Contrairement à la majorité des livres où le lecteur est totalement passif et se laisse porté par le récit, dans « La maison en pain d'épices », il a intérêt à être attentif au moindre détail s'il veut relier les personnages à leur histoire.
Le postulat de départ est plus qu'intéressant. Étant donné l'emprise que possèdent les réseaux sociaux sur notre vie personnelle, quel serait l'impact d'avoir la possibilité de pouvoir partager ses souvenirs avec le monde entier ? Comment réagir à la découverte des souvenirs d'autrui ? N'est-ce pas se déposséder de son intimité ? N'est-ce pas comme laisser entrer n'importe qui dans son jardin secret ? N'est-ce pas ouvrir la porte à une nouvelle forme d'abus, car même si un certain anonymat est respecté, cela n'empêchera probablement pas les dérives. Car il ne faut pas oublier que l'Homme est un loup pour l'Homme.






Je remercie les Éditions Robert Laffont de leur confiance. Jennifer Egan offre un récit glaçant ou du moins inquiétant des dérives possibles de la technologie sur la vie réelle. Ce concept de souvenirs externalisés peut avoir quelques côtés positifs, mais c'est un peu jeter sa personnalité, son moi profond aux orties, voire à la poubelle. En espérant que cela pousse qui de droit à ériger des règles strictes quant à l'évolution des nouvelles technologies. Isaac Asimov n'est pas loin finalement...
EXCIPIT - « Et maintenant mon champion ? Rien ne t'es impossible. »


