Thomas Vinau - "Le camp des autres".
VINAU Thomas- "Le camp des autres".
498 pages.
Éditions Zulma (2014).
«Gaspard et son chien s’enfuient dans la forêt. L’enfant a peur, il a froid, il a faim, il court, il trébuche, il se cache. Il est blessé. Un homme le recueille. Qui est ce Jean-le-blanc ? Un sorcier, un contrebandier, un professeur ? Avec lui, et d’autres récalcitrants – ceux de la Caravane à Pépère qui défraya la chronique au début du XXe siècle – Gaspard va découvrir la vie en marchant sur le monde.»
INCIPIT: "Le givre fait gueuler la lumière."
Je remercie PriceMinister qui pour "Les matchs de la rentrée littéraire", m'a permis de découvrir ce beau roman de Thomas Vinau "Le camp des autres" des Éditions Alma.
Les premières pages projettent le lecteur aux côtés d'un jeune garçon, qui fuit. ll a trouvé refuge dans la forêt, avec son chien, lui aussi blessé. Ses pas le mène aux côtés d'un marginal, un Robinson forestier, Jean-Le-Blanc, qui s'est retiré de la société et ne veut plus rien devoir aux hommes. Il va lui faire découvrir le monde avec un regard différent.
Thomas Vinau tisse les émotions au fil des sensations vécu par son jeune héros, et progressivement sa poésie insuffle un rythme au récit, tout à fait captivant. Sa plume est à la fois sensible et minérale; elle offre la part belle à la voix de mère nature, et enveloppe le lecteur au coeur de son récit, qu'll suit, page après page, en flow total.
Les chapitres se succèdent, courts, comme une respiration qui unit les personnages au lecteur. Bientôt le trio rencontre la Caravane à Pépère, qui regroupe des déserteurs, des fugitifs, des voleurs à la petite semaine et brigands de grands chemins et qui donneront un jeune garçon un aperçu de ce qu'est la solidarité, l'injustice sociale, et par dessus tout l'esprit de liberté insoumise. Cet épisode avec les marginaux de tous poils, est tiré d'un fait réel, qui servit de rampe de lancement aux brigades mobiles, futures Brigade du Tigre.
Au gré d'une langue poétique et sans jugement, Thomas Vinau dépeint des Robins des bois du début du 20ème siècle, solidaires dans leur dénuement et dans leur lutte pour ce souffle de liberté qui ne les quittera plus. Le lecteur ne peut qu'être séduit par cette révolte, et un peu coupable aussi du chaleureux cocon qu'il s'est tissé malgré tout. Une belle découverte.
Je remercie chaleureusement Priceminister de leur confiance.




