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HARUF Kent - « Ces liens qui nous enchaînent »

342 pages.

Éditions Robert Laffont (2022).

« Bouleversant, résolument authentique, Ces liens qui nous enchaînent est un hommage puissant aux terribles contraintes de l’Amérique rurale et à la ténacité de l’esprit humain. Colorado, janvier 1977. À l’hôpital où elle est alitée, Edith Goodnough, quatre-vingt-huit ans, reçoit la visite d’un officier de police. Elle est accusée de meurtre. Un sac d’aliments pour volaille éventré et un vieux chien attaché dehors un froid après-midi de décembre constituent les indices qui l’accablent. Ses mobiles ? La dureté du milieu agricole et une famille aussi impitoyable que la prairie en hiver.
Kent Haruf nous livre dans son premier roman, acclamé par la critique, l’histoire bouleversante d’une femme des Hautes Plaines à travers les mots de son voisin, Sanders Roscoe : une enfance marquée par les corvées, la mort d’une mère, la violence d’un père enchaîné à ses enfants. L’histoire d’une femme qui a sacrifié son bonheur à sa famille et qui, enfin, reprend sa liberté. »

 

INCIPIT - « Éddith Goodnough n'est plus à la campagne. »

 

J'ai eu mon premier coup de cœur de l'année — il était temps — pour le roman qui m'a fait découvrir Kent Haruf, le très beau « Nos âmes la nuit ». J'avais hâte de lire un autre des romans de cet auteur, décédé en 2014. C'est pourquoi j'ai entamé celui-ci, qui est en fait sa toute première œuvre.

Éddith Goodnough est accusée d'un meurtre. Le shérif trépigne d'impatience de l'arrêter. Pourtant l'accusée est un peu particulière, d'une part, elle est hospitalisée depuis plusieurs mois. D'autre part, elle n'est plus de la première jeunesse, avec ces 80 printemps. Comment une grand-mère comme elle pourrait avoir tué quelqu'un ? Mais vous ne connaissez pas tous les dessous de l'affaire, à commencer par la rude vie d'Éddith qui n'a pas été rose tous les jours.

La plume de Kent Haruf est fine psychologue, et elle décrit avec justesse les personnages qui vont se croiser dans cette histoire de cette vie torturée. L'auteur montre la rudesse de l'existence au cœur de ce Colorado aride et dur. En tant que femme, Éddith a fait de nombreux sacrifices, et notamment l'amour de sa vie, par loyauté familiale. Les thèmes traités par Kent Haruf sont forts, comme la solitude, la vieillesse, la violence voire la dégénérescence, la mort. 

À cette lecture, le lecteur va être bousculé par les drames qui parsèment la vie de cette femme, qui n'a pas eu d'autres choix que de se tenir droite dans la tempête. Adroitement, Kent Haruf tisse les destinées de ses personnages, et c'est juste poignant, dramatique et beau. 

 

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Je remercie les Éditions Robert Laffont de leur confiance. Cette seconde lecture me conforte dans mon appréciation de la plume de Kent Haruf. Sa finesse d'esprit, la façon dont il traite de sujets poignants sans tomber dans la guimauve ou l'indifférence, avec justesse, font qu'il se place dans mon top 5 des auteurs préférés. J'aimerai beaucoup découvrir d'autres titres de son œuvre, comme « Colorado Blues » ou encore « Le chant des plaines ». 

 

                           EXCIPIT -  « Tout ça il y a presque cinquante-cinq ans maintenant, sans qu'elle ait jamais appris depuis à faire preuve d'un tout petit peu d'égoïsme. »

 

 

Robert Laffont

 

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