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FERRIER Florian - "Déjà l'air fraîchit"

672 pages.

Editions Plon (2020).

«Un roman puissant et glaçant sur l'exploration de la condition des femmes allemandes diplômées au cœur du système nazi et le sort des livres pendant la Seconde Guerre mondiale. 1946. Hitler est mort, l’Allemagne plonge dans l’abîme. Elektra, jeune allemande, bibliothécaire-expert pour la SS, attend son jugement par les alliés. En prison, elle revit son existence, hantée par l’absence de son père, et à travers elle, la montée du nazisme, l’occupation en France et la vie parisienne tant appréciée outre Rhin… Dans une Europe dévastée par la guerre, Elektra tente de diriger sa vie et de s’émanciper. Témoin privilégié de la voracité des services de spoliation dans l’Europe entière, alors que la défaite semble inéluctable, finira t’elle par prendre conscience de la brutalité de ce monde meilleur pour lequel elle pense œuvrer ?»

 

 

INCIPIT -  "Le jour se lève. "

 

 

Florian Ferrier a plusieurs cordes à son arc, et avant d'écrire cette chronique je ne savais même pas que j'avais croisé sa plume. Soit le genre littéraire est totalement différent - la bande dessinée - mais j'ai quand même beaucoup apprécié sa plume, à travers la série "Hôtel étrange" que nous dévorons ave CuiCui & PiouPiou. Mais le roman dont il s'agit aujourd'hui évolue dans un registre beaucoup plus sérieux.

Elektra est une jeune femme déterminée avec un caractère bien trempé. Très proche de son père enfant, elle est hanté par sa disparition inexpliquée. Depuis ce jour, elle s'est jetée à corps perdu dans les livres. Malgré le misogynisme de l'époque, elle a réussi à travailler dans ce domaine qui la passionne. Là dessus, entraînée par la seconde guerre voilà la jeune bibliothécaire au service de l'un des services du IIIème reich. Au coeur de cette armée allemande victorieuse, Elektra n'a qu'un rêve, être envoyée à Paris. Mais la victoire est-elle certaine et définitive ? Comment la jeune femme va-t-elle affronté les événements qui l'attendent ?

D'une plume fluide, Florian Ferrier plonge le lecteur dans l'Histoire, mais de l'autre côté. Au coeur du IIIème Reich, la situation est assez inédite pour être remarquée. Dans la peau d'une jeune femme déterminée, encore plus. Le lecteur n'a qu'une trouille se faire démasquer, au début du moins. Puis après il s'habitue, un peu. Le récit est très très documenté et aborde une face de l'Histoire peu connue des français. La vie et les choix d'Elektra vont être le fil conducteur du récit qui retrace les événements de la seconde guerre mondiale, de la montée du nazisme à la défaite. 

Le lecteur y suit la guerre des services - comme quoi ce n'est pas qu'une question française, et l'importance qui est donné aux livres dans cette victoire, dans le but de redorer le blason allemand. De se venger de cette humiliation qu'a été la première guerre mondiale. Les livres - et les oeuvres également - sont traqués comme les juifs, envoyés dans des wagons en Allemagne ou bien brûler. Elektra, au coeur de cet empire de papier, tente de préserver la culture et l'amour de la littérature. Le lecteur suit un peu cet épisode à l'intérieur du régime nazi, avec les luttes d'influences, les bagarres diplomatiques, les hauts personnages du régime comme le Reichsmarschall Göring. Les noms et sigles des différents services sont un peu obscurs, et le lecteur s'y perd un peu en route. 

L'auteur ne traite pas l'attitude française - face à la débacle orchestrée par le gouvernement Pétain - avec indulgence. Bien au contraire. Il est même sévère. Les français sont décris comme des lâches, qui ont abandonné le navire sans résister plus que ça. Puis, avec lla France occupée, ils continuent à se comporter comme des rats. Individualistes et égoïstes, ils ne pensent qu'à sauver leur peau ou à s'en mettre plein les poches. Ils semblent n'avoir aucun honneur, ni aucun amour propre. 

 

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Je remercie les Éditions Plon de leur confiance. Ce roman historique est très bien construit avec cette alternance entre le passé et le présent d'Élektra. L'ensemble est très riche et passionnant sur le plan historique. Et même si le lecteur connaît la fin de l'histoire, il tremble quand même pour cette jeune femme déterminée mais troublante à laquelle il s'est attaché. Même si, dans la réalité, ils auraient été ennemis. Un très bon roman. A mettre dans toutes les mains des passionnés de la seconde guerre mondiale.

 

 

 

EXCIPIT - "Rien ne presse."

 

 

 Plon

 

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