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ALLINGHAM Magery - "Crime à Black Dudley".

256 pages.

Éditions Harper Collins (2020).

«Wyatt Petrie, jeune aristocrate, organise un week-end festif dans son château ancestral de Black Dudley. Mais, alors que ses invités décident de rejouer un rite initiatique autour d’une dague dans le manoir plongé dans l’obscurité, l’un des participants est retrouvé mort. Accident ? Assassinat ? Les convives, dont un mystérieux jeune homme répondant au nom d’Albert Campion, tentent de faire la lumière sur cette étrange affaire. Très vite, les invités comprennent qu’ils ne sont pas au bout de leurs peines. Il s’avère en effet beaucoup plus facile de se rendre à Black Dudley que d’en repartir…»

 

INCIPIT -"Par la fenêtre, on ne voyait  que tristesse et indicible solitude." 

 

 

Margery Allingham est une autrice dans la lignée d'Agatha Christie, donc je ne pouvais pas passer à côté, étant donné ma passion incontestée pour la reine du crime et le whodunit. En grande étourdie que je suis, j'ai découvert Albert Campion, dans sa seconde enquête "Des fleurs pour la couronne" au lieu de commencer par ce roman-ci. C'est n'est pas grave, car les deux romans réunis n'éclairent pas beaucoup le lecteur sur ce personnage de détective plutôt mystérieux et à l'apparence assez niaise. 

Black Dudley est une demeure assez austère, appartenant à la famille Petrie. Le jeune et dernier descendant, Wyatt organise un week-end à la campagne, entouré d'amis et de son vieil oncle par alliance. Au cours d'un jeu au coeur du manoir plongé dans l'obscurité, l'un des participants est retrouvé mort, et des papiers importants disparaissent. Soudain l'ambiance dans la vieille bâtisse devient étouffante. Georges Abbershaw tente de faire la lumière sur cet événement, alors que des clans se forment et que Black Dudley semble de plus en plus isolé, sans moyen de communiquer avec l'extérieur. 

C'est une intrigue policière assez étonnante, qui au début désarçonne le lecteur. Margery Allingham pose assez aisément le contexte étouffant de cette vieille bâtisse austère et de ces jeunes gens venus pour s'amuser le temps d'un week-end. Seulement certains sont là pour affaire, et des affaires pas très recommandables. Le crime arrive, mais rapidement, étant donné la situation et les enjeux, ce dernier passe au second plan. Il est vrai que les personnages dans l'immédiat ont mieux à faire. Et plus urgent surtout. Alors que le mort lui, est mort. Eux ne le sont pas encore...

Tout au long du roman, le lecteur attend. Le "héros" du roman est censé être un certain Albert Campion, mais ce dernier ne remplit pas trop sa tâche et les investigations sont laissées aux mains de ce Georges Abbershaw, médecin de son état.  Le sieur Campion, lui passe plutôt pour un anti-héros, avec son physique de gringalet, ses cheveux filasses et ses grosses lunettes - probablement à double foyer. Il a un humour totalement en décalage avec le reste de ses contemporains, et semble perpétuellement à côté de la plaque. Pourtant, à certains moments, il est juste surprenant. 

 

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Je remercie les Éditions Harper Collins de leur confiance. Une première enquête de la série Albert Campion, qui ne fait qu'effleurer le personnage, qui ne semble absolument pas concerné par son rôle de détective, mais plutôt par celui de quitter Black Dudley au plus vite. Georges Albershaw prend les choses en main, même s'il est un peu empoté par moment, mais qui ne le serait pas dans une situation aussi exceptionnelle. Même si j'ai préféré "Des fleurs pour la couronne", les circonstances de ce roman sont assez particulière pour faire apprécier cette lecture. J'attends avec curiosité une autre aventure d'Albert Campion pour en apprendre davantage sur lui, car c'est un personnage bien mystérieux.

 "Le policier le regarda s'éloigner, un peu déconcerté et se demandant s'il ne ferait pas mieux de modifier son procès-verbal pour y mentionner un nouveau délit: ivresse au volant." - EXCIPIT.

 

 

 

Harper Collins

 

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