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CARAMELLI Marco - "Un beau désordre".

270 pages.

Éditions Robert Laffont (2020).

«Cinéaste à succès, Massimo Barbiani se lance dans la réalisation d’un nouveau long métrage. Le contrat est signé, les premiers interprètes engagés, on construit les décors… Mais l’idée de ce film, qui lui paraissait si claire au début, s’évanouit. Massimo ne sait plus ce qu’il voulait faire. Il angoisse tant qu’on lui prescrit une cure thermale. La trêve est de courte durée puisque la production vient le rejoindre dans le Grand Hôtel de la Source où il séjourne. Et voilà qu’arrivent tour à tour sa plantureuse maîtresse, sa femme si touchante, puis la divine Claudia Cardinale qui lui retourne le coeur… Entre questionnements sentimentaux et dilemmes créatifs, Massimo est sollicité de toutes parts. Les comédiens veulent connaître leur rôle, les décorateurs attendent des consignes, le producteur des réponses… Il n’en dort plus la nuit. Parviendra-t-il à éviter un échec magistral ? En transformant en roman Huit et demi, le chef-d’oeuvre autobiographique de Fellini, Marco Caramelli se glisse comme jamais dans la peau de cet illustre réalisateur. Et c’est toute l’atmosphère truculente, sensuelle et féerique de l’âge d’or du cinéma italien qui ressurgit.»

 

 

 

INCIPIT: "Comment une jeune cinéaste de quarante-trois ans, un homme qui exerce l'une des professions les plus enviées et qui vient récemment de connaître avec son dernier film un succès planétaire; un homme extrêmement séduisant, en parfaite santé physique, très apprécié de ses amis et des femmes davantage encore; un homme qui pourrait déjà, avec les gains réalisés vivre confortablement jusqu'à la fin de ses jours; comment un tel homme a pu brusquement sombrer dans cet état trouble et avilissant que l'on désigne communément du nom sinistre de dépression?"

 

 

C'est grâce à la collection Les passes-murailles que j'ai eu le plaisir de découvrir la plume de Gwenaële Robert à travers son roman historique parfaitement maîtrisé "Le dernier bain". Cette fois le lecteur plonge dans la période de gloire du cinéma italien, aux côtés du fabuleux Fellini.

Massimo Barbiani a une idée de film qui lui trotte dans la tête, les acteurs sont engagés, les décors sont plantés, mais le pauvre réalisateur, un peu trop surmené, ne réussit plus concrétiser sa vision. Fatigué, il est envoyé pendant deux semaines en cure thermale pour se reposer. Sauf que si Massimo ne vient pas au cinéma, le cinéma vient à lui, c'est ainsi qu'il voit débarqué dans ce grand hôtel sa gironde maîtresse, sa gentille femme, ainsi que tout le beau bordel qu'il pensait pouvoir oublié. 

En général, les adaptations se font dans l'autre sens, du livre au film. Il serait d'ailleurs trop long d'en faire une liste exhaustive, par contre adapté un film en livre est beaucoup plus rare, c'est pourtant le défi que s'est lancé Marco Caramelli , avec ce premier roman où il rend hommage à Frederico Fellini, qui représente l'âge d'or du cinéma italien. L'auteur ici, réécrit son oeuvre "Huit et demi" avec la magnifique Claudia Cardinale.

Les premières pages sont un peu bourbeuses, et le lecteur doit s'accrocher pour passer cette phase d'adaptation pour enfin plonger dans ce beau désordre - pour être poli. Pour ceux qui ne sont pas cinéphiles, et ne connaissent donc pas l'oeuvre originale, celle-ci vogue dans les souvenirs du personnage principal - joué par Massimo Mastroianni - qui ne sait plus trop où donné de la tête dans cette vie surchargée. D'ailleurs le Guido du film devient dans le roman Massimo, probablement en hommage à l'acteur mondialement connu. 

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Je remercie les Éditions Robert Laffont de leur confiance. Ce roman est une véritable ode à Fellini, que Marco Caramelli admire sûrement beaucoup, de même que cette prospère période du cinéma italien, chaud, sophistiqué et un peu fou. Malgré si l'immersion dans cet univers si particulier ne se fait pas dès les premières pages, le lecteur finit par distinguer le récit et s'y plonge finalement avec plaisir. Un premier roman plutôt bien maîtrisé. 

     

        

 EXCIPIT: "Je ne sais pas si ce que tu dis est juste, mais je veux bien essayer, si tu m'aides..."

 

 

 

Robert Laffont

 

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