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BONINI Sandrine et BOUEDEC Elodie - "Dans mon petit monde".

5 ans.

40 pages.

Éditions Grasset Jeunesse (2019).

« Dans mon petit monde, il y a ma copine Leïla, qui ne supporte aucun vêtement à boutons, et Simon, qui a peur de tous les animaux. Il y a aussi Papa, qui aime porter des chaussettes dépareillées et Maman, qui vérifie plusieurs fois si la porte est bien fermée lorsqu'elle sort. Enfin, dans mon petit monde, il y a MOI. Le soir, je vois les choses grandir. Ou alors, c'est moi qui rapetisse, je ne sais plus... Un très bel album autour de l'étonnant syndrome d'Alice au pays des merveilles.»

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Coïncidences ou pas autour de ce livre, mais je l'ai reçu le même jour qu'un album au titre très similaire intitulé "Mon petit monde" - dont j'ajouterai ici la chronique dès que possible. La seconde coïncidence, je vous en parle un peu plus bas. L'album, comme toujours avec les Éditions Grasset Jeunesse est de belle qualité et d'un format tout à fait respectable. Le fond blanc de la couverture donne une impression de pureté mais aussi d'évasion à cette fillette et à cette histoire du même coup. 

Voici l'histoire d'une fillette, qui pourrait être n'importe quelle enfant. Elle a un papa et une maman, une belle maison, un chat, une chambre. Mais dans sa chambre, la nuit, elle fait des rêves étranges, dans lesquels son environnement prend des dimensions disproportionnées. Bien sûr elle a peur. Bien sûr elle réveille se parents, qui s'inquiètent beaucoup de ces cauchemars étranges, alors maman décide de l'emmener voir quelqu'un qui pourra peut-être les rassurer et leur expliquer ce qui se passe dans le petit monde intérieur de cette petite fille. 

Cet album de Sandrine Bonini et Elodie Bouédec est tout à fait particulier, d'abord par le thème qu'il aborde, thème que le lecteur n'a probablement rencontrer nul part ailleurs, et que peut-être il ne connaissait même pas avant d'ouvrir ces pages. Le syndrôme d'Alice au pays des merveilles, qui tire son nom du roman d'éponyme de Lewis Carroll, est un trouble neurologique, qui atteint souvent les enfants ou les personnes en état de stress, par une distorsion sensorielle de l'espace autour d'eux.  Il se raconte que Lewis Carroll aurait souffert de ce trouble qui aurait beaucoup influencé l'écriture de son célèbre roman. La référence à Alice au pays des merveilles est la seconde coïncidence autour de cet album, car le dernier album des Éditions Grasset Jeunesse lu sur Just One More Page y faisait également une brève allusion.

Le syndrôme d'Alice est abordé avec finesse, et d'ailleurs les autrices à la toute fin de l'album, juste au dessus de la mention du dépôt légal, ont glissé une petite phrase qui prend toute sa dimension après cette lecture: "Aucune substance hallucinogène n'a été utilisée pendant l'élaboration de ce livre". ^^

La seconde particularité de cet album est qu'Elodie Bouédec réalise ses oeuvres d'art - car lorsque l'on sait comment elle procède cela rajoute une dimension à ses illustrations - en sable. C'est absolument fou lorsque l'on prend le temps de regarder la minutie des détails et des expressions réalisées dans cet album. Précisons que ces illustrations sont éphémères car après les avoir prises en photo est les efface d'un mouvement. 

 

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L'imagination est un monde fascinant et celle des enfants, qui n'est pas entravée par les contraintes du quotidien, le stress et les responsabilités, est encore plus étourdissante que toute autre, avec des possibilités infinies, et un onirisme décoiffant. Cet album est emprunt de l'atmosphère d'"Alice au pays des merveilles" aussi bien dans le récit, que retransmis par sa mise en image. Et cette part d'ombre angoissante qui plane face à cette distorsion spatiale incontrôlable ajoute une atmosphère plus épaisse à l'album. Mais l'insouciance enfantine reprend vite le dessus. ^^

 

Je remercie les Éditions Grasset Jeunesse de leur confiance et leurs choix judicieux.

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