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BRIGGS Raymond - "ethel & ernest".

6 ans.

104 pages.

Editions Grasset Jeunesse (2019).

« Le roman d'une vie en bande dessinée : Ethel et Ernest vivent le grand amour, avec ses bonheurs et ses déchirures. Couple modeste, très anglais, décalé et follement attendrissant, ils portent un regard neuf sur le téléphone, la télévision, la hi-fi, le premier homme sur la lune, la guerre, la bombe atomique, les hippies, la naissance d'un petit Raymond qui - horreur ! - voudra devenir artiste... »

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Raymond Briggs est un grand monsieur de la littérature jeunesse britannique. Nous avions découvert en fin d'année dernière, son magnifique album "Le bonhomme de neige" qui venait d'être réédité par les Éditions Grasset pour son 40ème anniversaire de parution. Ce nouvel album est dans une tout autre veine.

Ethel et Ernest relate la vie d'un couple d'anglais de classe moyenne, au quotidien avec l'arrivée dans leur vie de la télévision, du téléphone ou encore du frigo. Les années passent, leur fils grandit, les guerres se succèdent et les pages des journaux se tournent. La vie avance, l'enfant quitte le nid, le progrès entre dans la maison et les jours passent. Inexorables. 

A l'inverse du "bonhomme de neige", cet album est dense en informations. Les échanges se succèdent entre Ethel et Ernest. Raymond Briggs jette un oeil mélancolique sur ses parents, mais aussi très réaliste sur cette époque révolue qui s'étale de 1928 à 1971. A travers Ethel, le lecteur observe une femme d'intérieur très attachée à ses possessions et qui a beaucoup de mal à laisser entrer le progrès. Ernest, malgré le fait qu'il soit britannique est un peu plus ouvert, notamment lorsqu'il achète un frigo ou une voiture pour son foyer. 

Raymond Briggs fait preuve d'un humour pincé très anglais à travers certaines scènes. Le lecteur sourira lors du montage de l'abri atomique par exemple. Mais également à Ethel, qui en tant que mère a du mal a laissé son petit garçon s'envoler. Puis qui dès qu'il vient la voir, lui offre un peigne pour qu'il se coiffe. Il est certain que cela sent le vécu. La démarcation entre les générations est très visible. Les parents de Raymond sont scandalisés à l'idée qu'il entre en école d'art, qu'il conduise un combi allemand, et j'en passe. Et lui, comme tout jeune homme d'un autre génération, les trouve un peu en retrait de la vraie vie. 

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Cet album, sensible, retrace la vie d'une génération qui vécue la guerre, mais aussi l'industrialisation de la vie, l'indépendance. Elle fut source de grands changements. Le lecteur retrouve avec plaisir le coup de crayon typique de l'auteur, et se dit qu'il tentera de se procurer "Sacré Père-Noël" pour les fêtes. Une découverte pleine de souvenirs.

Je remercie les Éditions Grasset Jeunesse de leur confiance et leurs choix judicieux.

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