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LÖVESTAM Sara - "Libre comme l'air"

287 pages.

Éditions Robert Laffont - Collection La bête noire (2019).

«« Si la police ne peut rien pour vous, n’hésitez pas à faire appel à moi. » Kouplan est à la rue, contraint de dormir sous un pont qu’il partage avec deux « colocataires » peu commodes. Il n'a plus que quelques semaines à tenir avant de pouvoir renouveler sa demande d’asile. Afin de gagner un peu d’argent en attendant ce jour, il accepte une nouvelle mission de détective privé : une femme l’engage pour rassembler des preuves sur l’infidélité de son mari. Mais ce que découvre Kouplan est bien pire qu’un simple adultère… Par la lauréate du Grand Prix de littérature policière 2017»    
INCIPIT: "Pendant les heures qui ont précédé son mariage avec Hakan; Ulrika a eu des doutes, elle s'en souvient." 

6 - Bon moment de lecture

Avec "Libre comme l'air", Sara Lövestam amorce la fin de sa tétralogie mettant en scène Kouplan, un réfugié iranien vivant clandestinement à Stockholm. Il est fortement conseiller au lecteur qui ouvrirait ce roman sans avoir lu les deux tomes précédents, c'est-à-dire "Chacun sa vérité" et "Ça ne coûte rien de demander" manquerait de certaines informations pour comprendre le récit dans toute son ampleur. Et cela serait fort dommage...

Kouplan est officiellement redevenu un SDF. Vivant dans un recoin du métro en compagnie de deux autres réfugiés de la rue, et accessoirement drogués à leurs heures perdues, le détective pourra de nouveau présenter une requête pour demander un droit d'asile, en attendant il doit se débrouiller comme il peut, tout en restant dans la plus grande clandestinité. C'est avec une lueur d'espoir qu'il se voit confier une nouvelle enquête, dans les strates huppées de la société suédoise. Ulrika Malm soupçonne son mari de lui être infidèle, mais rapidement l'enquête se révèle être beaucoup plus complexe et sombre qu'il n'y paraît...

C'est avec un grand plaisir que le lecteur retrouve le personnage du détective iranien en sursis dans la capitale suédoise. Ses affaires ne vont pas fort, et il se voit contraint de vivre dans la rue, clandestinement et d'éviter les ennuis jusqu'à ce qu'il puisse faire une nouvelle demande de droit d'asile. Mais les choses ne sont jamais aussi simples qu'il n'y paraît. La plume de Sara Lövestam est toujours aussi fluide et captivante. Le lecteur tremble pour Kouplan, qui n'a jamais été aussi vulnérable, dans ces strates underground de la capitale suédoise. Et ce ne sont pas ses deux nouveaux colocataires, qui diront le contraire. L'autrice dévoile, à travers cette série, tout un pan de la société où survivent les laisser pour compte. Elle est d'ailleurs très engagée pour la cause LGBT, notamment.

L'enquête est bien ficelée, et se révèle rapidement beaucoup plus complexe qu'une simple infidélité. Hakan, le mari soi-disant volage, cache de sombres secrets, pour lesquels Kouplan va devoir faire preuve d'une grande débrouillardise pour découvrir ce que cache ce riche et influant avocat. En parallèle, la vie personnelle de Kouplan est sous tension, avec ce statut illégal, l'enquête qu'il doit mener dans les sphères aisées de la ville, dans laquelle il ne doit rien laisser paraître de sa position sociale. Au coeur de tout ça, Sara Lövestam dénonce les incohérences de la machine administrative, mais délivre également des messages sur la différence et la tolérance; sans jamais tomber dans la veine pathétique. 

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Ce troisième et avant dernier tome est très fouillé et tout à fait prenant, aussi bien sur le plan enquête policière qui se révèle assez complexe et pleine de secrets et de suspense; mais également concernant la vie de Kouplan, qui est devenu SDF, et doit resté cacher jusqu'à ce qu'il puisse de nouveau tenter d'officialiser sa situation. Ce qui n'est pas gagner. Un opus rythmé et captivant.
Je remercie chaleureusement les Éditions Robert Laffont et surtout toute l'équipe de la Collection La bête noire de leur confiance.

 

La bête noire

 

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