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ADAM Olivier - "La tête sous l'eau".

224 pages.

Éditions Robert Laffont - R (2018).

« Quand mon père est ressorti du commissariat, il avait l’air perdu. Il m’a pris dans ses bras et s’est mis à pleurer. Un court instant j’ai pensé : ça y est, on y est. Léa est morte. Puis il s’est écarté et j’ai vu un putain de sourire se former sur son visage. Les mots avaient du mal à sortir. Il a fini par balbutier : « On l’a retrouvée. Merde alors. On l’a retrouvée. C’en est fini de ce cauchemar. » Il se trompait. Ma soeur serait bientôt de retour mais nous n’en avions pas terminé.»

INCIPIT: "Voilà. Je suis dans ma nouvelle chambre. Ma nouvelle maison. Loin de toi. Dehors il fait beau. La plage est bondée. Tout le monde a l'air heureux. La mer est belle. Qu'est-ce que j'en ai à foutre?" 

6 - Bon moment de lecture

 

 

Première lecture d'un roman écrit par Olivier Adam, même si l'auteur français semble assez prolifique, je n'avais jamais croisé sa plume jusqu'à présent. La couverture semble paisible et correspond plutôt bien à ce que la mer va représenté dans cette histoire de famille bouleversée.

Un soir de concert en Bretagne, Léa disparaît. Sa famille traumatisée se délite progressivement jusqu'à la destruction: la séparation des parents. Leur fils, quant à lui continue à vivre avec ce drame en tentant de s'adapter à sa vie d'adolescent. Jusqu'au jour où ils reçoivent un appel du commissariat. La jeune fille a été retrouvée. Elle est vivante. Hospitalisée, elle reviendra très vite dans sa maison. Mais est-ce vraiment la fin du cauchemar comme ils semblent tous le croire?

Tout le récit est vécu au travers d'un narrateur, le fils de la famille, spectateur direct du drame qui brise sa famille, Antoine. La plume d'Olivier Adam est fluide et très agréable à lire. Le roman qui vise un public adolescent voire jeune adulte se découvre avec aisance, même si certains aspect sont un peu évident, comme les lettres écrites par Léa qui ne cachent pas longtemps leur véritable secret. Cette correspondance est une sorte de thérapie pour Léa, où le lecteur découvre la peur et la douleur qu'elle a pu ressentir mais également sa lente reconstruction et L'auteur dépeint avec justesse la vision qu'à le narrateur.

Le retour de la jeune fille dans son foyer marque le début d'une reconstruction lente et difficile pour tout les membres de ce dernier. Après avoir vécu l'angoisse et l'absence, il faut se réhabituer au retour de la jeune victime qui ne sera plus jamais comme avant. Les adultes semblent plus désarçonnés qu'Antoine, qui donne tout l'amour qu'il peut à sa soeur sans lui prendre la tête ni essayer de la percer à jour pour comprendre. Ça c'est le grand problème des adultes vouloir tout maîtriser, tout comprendre car c'est eux l'autorité, la responsabilité, la protection des plus "faibles". 

Olivier Adam, du fait d'avoir choisit un narrateur adolescent, reste pudique sur la captivité et les horreurs qu'a pu endurer Léa. Le sous-entendu est parfois plus percutant que le détail morbide des événements, comme une autopsie des choses. Le lecteur a ainsi toute la latitude d'imaginer, ou pas, l'enlèvement de la jeune fille et tout ce que cela comporte. La recherche du kidnappeur passe presque au second plan à côté de tout ce que soulève le retour de Léa dans sa maison. 

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Olivier Adam livre un récit au thème extrêmement dur, mais avec une plume emprunte d'optimisme et d'espoir. Il ne s'appesentit pas dans les détails et évite ainsi un côté un peu voyeur qui n'a pas particulièrement sa place dans ce type de roman. Une lecture qui aurait pu être un peu plus développée par certains côtés, mais dont les pages se tournent avec aisance. 
Je remercie les Éditions Robert Laffont et surtout toute l'équipe de La Collection R de leur confiance.

R

 

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