7

FLEET Rebecca - "L'échange"

315 pages.

Éditions Robert Laffont - Collection La bête noire (2018).

«« PERSONNE NE VIT AINSI…À MOINS D’AVOIR QUELQUE CHOSE À CACHER. »Quand Caroline et Francis reçoivent une offre pour échanger leur appartement de Leeds contre une maison en banlieue londonienne, ils sautent sur l’occasion de passer une semaine loin de chez eux, déterminés à recoller les morceaux de leur mariage. Mais une fois sur place, la maison leur paraît étonnamment vide et sinistre. Difficile d’imaginer que quelqu’un puisse y habiter.Peu à peu, Caroline remarque des signes de vie, ou plutôt des signes de savie. Les fleurs dans la salle de bains, la musique dans le lecteur CD, tout cela peut paraître innocent aux yeux de son mari, mais pas aux siens. Manifestement, la personne chez qui ils logent connaît bien Caroline, ainsi que les secrets qu’elle aurait préféré garder enfouis.Et à présent, cette personne se trouve chez elle…»    
INCIPIT: "Dieu n'existe pas." 

6 - Bon moment de lecture

En lisant la quatrième de couverture de ce roman, je n'ai pu m'empêcher de penser à un autre livre: "La fille d'avant" de Delaney. L'introspection de l'auteur dans l'intimité que représente la maison promet un thriller à ne pas lire le soir au fond de son lit, par grand vent...

Pour essayer de sortir leur couple du train-train quotidien et de la crise passagère qu'ils traversent, Caroline et Françis s'offrent une escapade de quelques jours. Ils échangent leur appartement en ville contre une maison dans un endroit un peu dépaysant. Mais ce "havre de paix" n'est pas du tout ce qu'ils avaient imaginé. L'endroit est froid et minimaliste et progressivement, des objets du quotidien vont faire ressurgir des souvenirs qui auraient mieux fait de rester enfouis.

Une maison est un endroit protégé, une part de chaque individu qui y vit. L'échanger peut être une bonne idée en soi, mais cela peut entraîner quelques surprises, pas toujours agréables. C'est une expérience particulière que les protagonistes vont rapidement revoir à la baisse. Même si le lecteur s'attend, surtout avec la lecture de la quatrième de couverture, à certains événements et révélations, il se laisse néanmoins facilement entraîner par l'intrigue. 

Les difficultés de couple, ou les tensions familiales sont monnaie courante et tout le monde à plus ou moins vécu une situation tendue de ce type. Rebecca Fleet joue sur cette corde sensible du malaise conjugal, que le lecteur pourra aisément comprendre, et ainsi créer une certaine empathie avec les personnages. Son mari est quelqu'un d'un peu particulier, avec un passé de dépressif dépendant aux médicaments. Quant à Caroline, le lecteur, au début empathique, va progressivement basculer dans un sentiment inverse - quoique ça dépende de chacun au final.

Le roman est construit de façon assez classique avec une alternance de points de vue, et des allers-retours dans le temps, qui vont progressivement monter la tension et rendre l'atmosphère irrespirable. L'accumulation des événements et des rebondissements donne graduellement une vision d'ensemble, dont le dénouement est intéressant. 

 étoileétoileétoileétoileétoileétoile

C'est une lecture agréable, portée par une écriture fluide et bien construite, qui ne se révèle pas être un thriller à l'état brut. Il joue plus sur le côté psychologique des personnages et les non-dits. Un bon moment de lecture en tout cas. 
Je remercie chaleureusement les Éditions Robert Laffont et surtout toute l'équipe de la Collection La bête noire de leur confiance.

 

La bête noire

 

Signature