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JAUNIN Antoine et QUIROT Romain - "Le pont des oubliés".

393 pages.

Éditions Nathan (2017).

« Dans un monde recouvert par les flots, une seule chance de survie : embarquer à bord de gigantesques navettes spatiales. Gary Cook a grandi sous le pont des Oubliés, l'un des derniers refuges sur cette Terre condamnée. À quinze ans, il passe le plus clair de son temps avec Max et Elliot à bord du Neptune, leur modeste bateau de pêche. Les trois amis rêvent de prises fabuleuses et d'aventure. Autour d'eux pourtant, le monde touche à sa fin. Chaque année, d'immenses navettes surgissent de la mer pour fuir dans l'espace. Des navettes auxquelles les Oubliés n'ont pas accès - jusqu'au jour où Gary apprend que, pour la première fois, l'équipage vainqueur de la terrible course fantôme gagnera sa place à bord du Deucalion VII. S'ils veulent faire partie du voyage, Gary, Elliot et Max vont devoir prendre tous les risques... Une trilogie à l'univers ultra-visuel, poétique et cinématographique, en Miyasaki et Mad Max.»
INCIPIT: "Au loin, les orages nocturnes poussaient leurs ultimes rugissements."

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Dans mes très récentes lectures et même celle en cours, la dystopie sur la fin du monde a de l'avenir. En même temps, me direz-vous, c'est jouer sur la corde sensible du lecteur puisque c'est tout à fait réaliste, avec le réchauffement climatique et les températures estivales pour un fin de mois de septembre. 

Le monde dans lequel vit Gary a totalement été ravagé. Le jeune garçon survit avec toute une communauté de laissés pour compte sous le pont des oubliés. Chaque jour, il sort en mer avec ses deux meilleurs amis afin de ramener des prises et ainsi éviter le percepteur. Mais progressivement, des changements vont s'opérer. Ainsi, on entend se murmurer qu'il y aurait peut-être une place dans le prochain vaisseau en partance, pour le vainqueur de la terrible course fantôme. L'arrivée d'une mystérieuse fille prénommée Lou va confirmer ce chamboulement. 

A travers cet univers post-apocalyptique - dont le lecteur ne connaît pas franchement la cause, ce qui manque un peu - les auteurs lancent une critique plus que fondée de la mauvaise gestion de l'écosystème que représente la Terre, et finalement sa destruction. La plume est fluide, et le lecteur se laisse embarqué dans ce récit aux descriptions très visuelles - Romain Quirot est scénariste et réalisateur. 

Gary est au départ, un genre d'anti-héros, qui vit tranquille en prenant ce que la vie lui offre malgré le manque de confort et de sécurité. Il est généreux en amitié mais à part ça, il ne faut pas lui en demander plus. Mais les péripéties qu'il va vivre avec ses amis, vont l'endurcir peu à peu. L'amitié des trois garçons est très forte, et est un peu la seule lueur au bout du chemin, mais même ça va être mis à mal par l'arrivée d'un nouveau personnage.

Romain Quirot et Antoine Jaunin ont réussi à créer des personnages attachants, pour lesquels le lecteur va avoir quelques suées. Les descriptions sont immersives à souhait et le rythme de l'intrigue est soutenu, même si le récit est un peu lent au départ. Le jeune héros va devoir faire face à des choix difficiles et à des situations délicates. 

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"Le pont des oubliés" est le premier tome d'une trilogie dystopique plutôt accrocheuse. Certains seront d'un avis plus mitigé, et à ceux-là le lecteur rétorquera que pour un bon récit, la mise en place est essentielle, ce qui explique la lenteur des premières pages. C'est avec curiosité et un brin d'effroi par moment, que l'on suit les aventures de Gary Cook et ses amis, dans cet univers dystopique et déroutant. Curieuse de lire la suite. Chouette, elle m'attend sagement dans ma PAL. ^^

Je remercie les Éditions Nathan de leur confiance.

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