11 Avril

ATWOOD Margaret - "Neuf contes".

321 pages.

Éditions Robert Laffont (2018).

« Une écrivaine de fantasy récemment veuve se laisse guider à travers un hiver glacial par la voix de feu son époux. Une dame âgée, victime d’hallucinations, apprend peu à peu à accepter la présence des petits hommes qui ne cessent de surgir à ses côtés, tandis que des militants populistes se rassemblent pour mettre le feu à sa maison de retraite. Une femme née avec une malformation génétique passe pour un vampire. Un crime commis il y a longtemps se voit vengé dans l’Arctique par un stromatolithe vieux de 1,9 milliard d’années… Dans ce recueil composé de neuf contes poétiques et satiriques empreints d’une ambiance gothique, Margaret Atwood, la grande dame des lettres canadiennes, s’aventure dans des ténèbres explorées avant elle par des auteurs tels que Robert Louis Stevenson, Daphné Du Maurier ou Arthur Conan Doyle – ainsi que par elle-même, dans son roman adapté en une série TV unanimement saluée par la critique,Captive.»

INCIPIT: "La pluie verglaçante tombe telle des poignées de riz scintillantes lancées sur des mariés invisibles." 

6 - Bon moment de lecture

J'ai découvert Margaret Atwood à travers "Le tueur aveugle", je l'ai adoré avec "La servante écarlate", je poursuis mon investigation avec ce recueil de nouvelles. Neuf au total, dans une atmosphère gothique à la limite du fantastique. La vieillesse en est le thème majeur. 

Résumer un recueil de nouvelles n'est pas chose aisée. "Alphinland", "Revenante", "La dame en noir", "Lusus naturae", "Le marié lyophilisé", "Je rêve de Zenia aux dents rouges et brillantes", "La main morte t'aime", "Matelas de pierre", "Les vieux au feu". Toutes font bien ressortir la patte grinçante et sarcastique de Margaret Atwood. Certaines sont plus marquantes que d'autres, selon le lecteur et l'empathie qu'il éprouvera probablement pour ces petits vieux parqués dans des mouroirs, ou encore pour cette vieille femme aux visions féeriques et malicieuses...

Les trois premiers contes sont tous imbriqués les uns dans les autres, et tournent tous les trois autour d'une auteure nommée Constance. Les trois histoires donnent tour à tour la parole à l'un des personnages. Le titre "Je rêve de Zénia aux dents rouges et brillantes" interpellera forcement le lecteur féru de l'oeuvre de Margaret Atwood, car Zénia n'est autre que l'un des personnages, méchant et manipulateur du roman "La voleuse d'hommes".

Toutes les nouvelles sont intéressantes, mais la dernière est vraiment percutante."Les vieux au feu" peint un décor idyllique de maison de retraite dans lesquelles de petits vieux, extrêmement vieux attendent la fin, et avec eux les habitants, leur famille qui tels des vaches à lait semblent les maintenir en vie inutilement. L'auteur fait monter la tension progressivement et le mal aise s'accroît... Cette dystopie au final ne semble pas si éloignée de notre société actuelle, et le message porté par Margaret Atwood peut encore allé plus loin avec la polémique sur le droit de mourir dignement.

 

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L'art de la nouvelle a une place importante aux États-Unis, et de nombreux auteurs s'y sont exercés. Ce recueil de nouvelles, même si toutes ne se valent pas, est une belle façon, pour ceux qui ne la connaissent pas encore, de découvrir la plume de Margaret Atwood. En tout cas, l'atmosphère sombre dans la veine d'un Edgard Alan Poe est délicieusement angoissante. Pour ma part, cela me donne envie d'ouvrir "Captive"...

Je remercie les Éditions Robert Laffont de leur confiance.

              Robert Laffont              

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