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DOCKRILL Laura - "Big bones".

504 pages.

Éditions Robert Laffont - R (2018).

«Je ne suis pas grosse, j’ai juste de gros os ! Salut, moi, c’est Bluebelle, alias BB, alias Big Bones, rapport à mes « gros os ». J’ai seize ans, je suis une gourmande, et je ne m’en cache pas. En même temps, ce serait un peu diffi cile à dissimuler, vu mes rondeurs… Seul souci, après une crise d’asthme, maman m’a emmenée chez un médecin qui m’a OBLIGÉE à tenir un journal de ce que je mange. Sauf que moi, je m’aime comme je suis, et je n’ai aucune envie de guérir puisque je ne suis pas malade ! Bourré d’humour et d’amour, Big Bones est un délicieux pied-de-nez à la grossophobie. À consommer sans modération !»

INCIPIT: "La première chose que j'ai mangée après ma crise d'asthme, ça a été un crumpet." 

6 - Bon moment de lecture

J'ai entendu parlé de Bluebelle avant de lire le roman. La thématique, sur les rondeurs, était très intéressante et la couverture pétillante avec le relief du titre est plus qu'agréable. Cette lecture promettait d'être une rencontre agréable avec ce titre de la Collection R.

Blubelle, surnommée BB ou encore Big Bones a un rapport presque obsessionnel avec le fait de manger. Lors d'une crise d'asthme impressionnante, la mère de l'adolescente l'emmène chez le médecin qui lui demande de tenir un journal de ce qu'elle mange. Hors la jeune fille en sur-poids s'aime et s'accepte telle qu'elle est, et ne compte pas, un instant, changer son mode d'alimentation.

Disons le tout de suite, ce roman est en deça de ce que le lecteur pouvait attendre. Le thème principal de la grossophobie et du sur-poids est très bien abordé par Laura Dockrill. Son écriture est fluide, et le côté journal de l'histoire avec Bluebelle en narratrice atteint immédiatement le lecteur. Son héroïne est une jeune fille qui s'assume totalement et s'aime telle qu'elle est. Elle use de beaucoup de dérision vis à vis des gens qui pourraient penser autrement et qui peuvent parfois être blessant voire grossier. Elle les remet en place copieusement et avec humour. Mais par moment le lecteur perd le fil, car certains passages semblent un peu décousus. De plus, BB passe son temps à parler de bouffe, c'est le centre de son univers, et ça peut rapidement devenir lassant, voire écoeurant selon l'heure de la journée. 

Le personnage de Blubelle est, malgré ses réparties humoristiques, peu attachante contrairement à ce que l'on pourrait croire. D'accord elle s'aime comme elle est, c'est son droit mais ce côté je-m'en-foutiste est un peu excessif. Elle se moque de sa santé, elle se moque de ce que peuvent penser les autres, elle se fiche de presque tout sauf de la bouffe. Du coup, le lecteur se fiche un peu d'elle.

En plus de ce caractère assez spécial, son noyau familial est particulier. Ses parents sont divorcés et se disputent, malgré tout, sur à peu près tous les sujets possibles. BB a une soeur, Dove, qui lui est diamétralement opposée. Sportive et exubérante, c'est une adepte de sauts urbains ou parkour, genre Yamakasi. Les personnages secondaires, et notamment la meilleure aime de BB, sont bien amenés, et s'impliquent beaucoup pour la jeune fille, autour de qui tout semble tourné. 

 

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"Big Bones" est un roman à la thématique plus qu'intéressante, qui fera pourrait donner faim. Il fera aussi réfléchir le lecteur sur son rapport à la nourriture et la grossophobie en général, surtout en tenant compte des diktats sur l'apparence qui régissent notre société moderne. A lire avec parcimonie, et coupler avec un autre roman pour ne pas atteindre l'écoeurement. ^^ Attention, estomac fragile, prévoyez une dose de charbon au cours de cette lecture.
Je remercie les Éditions Robert Laffont et surtout toute l'équipe de La Collection R de leur confiance.

 

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