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NEWITZ Annalee - "Autonome".

336 pages.

Editions Denoël (2018).

« 2144. Jack Chen, une ancienne scientifique et militante antibrevets, synthétise désormais des médicaments pirates. Robin des bois des temps modernes, elle sillonne les océans dans son sous-marin, vendant ses produits à bas prix aux populations incapables de s’offrir les molécules originales. Mais sa dernière «création», dérivée du Zacuity, une pilule qui augmente l’attrait pour son travail, semble provoquer une addiction très rapide, et les morts se multiplient. Toutes les victimes se sont, littéralement, tuées à la tâche. Persuadée que ce n’est pas elle qui est coupable, mais la molécule originale, Jack va tout mettre en œuvre pour le prouver et trouver un remède. Mais, afin de la faire taire définitivement, on a lancé à ses trousses un biobot militaire, Paladin, dont c’est la première mission sur le terrain.»
INCIPIT: "L'étudiante n'arretait pas de travailler sur son exercice et cela allait la tuer.."

     

6 - Bon moment de lecture

On entre, avec "Autonome" dans un univers littéraire que je fréquente très peu: le techno-thriller. Je lis à peu près tout les genres littéraires, sans vraiment approfondir. Bien-sûr, j'ai lu des romans de SF, mais je n'ai jamais vraiment poussé très loin le genre narratif où la technologie et les robots ont la part belle. Je n'ai pas été plus loin que Isaac Asimov. C'est en relisant la définition du techno-thriller que je me suis d'ailleurs rendue compte que je me trompais. Le fondateur du genre semble être Tom  Clancy, dont j'ai lu plusieurs romans, même si je trouve qu'il manque l'aspect robotisé. Mais ce n'est que mon humble opinion...

Notre monde est en plein déclin. Ce qui n'a rien de surprenant. La société telle qu'on la connaît n'existe plus. Les grosses multinationales - et à travers elles l'argent - ont pris le pouvoir. La plus importante d'entre elles est l'IPC qui détient le monopole des brevets et des droits. La société se divise en deux, les riches qui peuvent tout, et les autres qui luttent pour ne pas mourir. Jack Chen est une pirate, qui vend des bonnes copies de molécules de médicaments pour aider les nécessiteux. Hors elle se rend compte, mais trop tard, que la molécule Zacuity, a un effet mortel sur ses utilisateurs. La jeune femme va lors mener une double course contre la montre, d'une part pour trouver un remède, et d'autre part elle va devoir sauver sa vie des poursuivants qui veulent sa peau. 

En lisant la quatrième de couverture de ce roman, je n'ai pu m'empêcher de penser à "Matrix". L'univers proposé par Annalee Newitz est très intéressant, mais par moment ardu à comprendre, notamment les trafics d'influence.Il apparaît un peu technique par moment, mais c'est un peu un mal pour un bien, car une fois passer les explications, univers qui s'ouvre permet d'aborder des thématiques plus que captivantes  - qui est apparu le premier, l'oeuf ou la poule? - telles que la notion de liberté, d'intelligence artificielle et de libre arbitre.

En effet, et sans entrer dans les détails afin d'éviter tout spoiler, l'aspect qui captive totalement le lecteur est cette idée que le robot, une fois qu'il a payé son tribu d'esclavage à son propriétaire, il peut regagner sa liberté et se reprogrammer pour devenir autonome. Dans la société créée par l'auteure, les humains peuvent également être esclave jusqu'à ce qu'il aient payé leur tribu. Mais il est pour eux très dur d'obtenir une réelle liberté, et même s'ils l'obtiennent leur être entier est marquée par cette période d'esclavagisme. Problème que les biobots et autres bots n'ont pas. Les points de vue entre humains et robots sont très intéressants, et offre un point de vue totalement innovant. 

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Cette immersion dans un genre littéraire assez particulier au final, se compose d'une première étape au cours de laquelle il s'afgit d'intégrer le contexte sociétal et de le digérer, ensuite le lecteur n'a plus qu'à se laisser porter par l'intrigue. Le point de vue proposé par Annalee Newitz est plus qu'interessant voire même innovant. C'est une lecture un peu complexe au premier abord, mais si l'on s'accroche on passe un très bon moment, et une nouvelle porte de la connaissance s'ouvre. ^^

Je remercie les Éditions Denoël de leur confiance.

denoel

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