2 Décembre 2

YATES Richard - "La fenêtre panoramique".

544 pages.

Éditions Robert Laffont (2017).

« April et Frank Wheeler forment un jeune ménage américain comme il y en a tant : ils s'efforcent de voir la vie à travers la fenêtre panoramique du pavillon qu'ils ont fait construire dans la banlieue new-yorkaise. Frank prend chaque jour le train pour aller travailler à New York dans le service de publicité d'une grande entreprise de machines électroniques mais, comme April, il se persuade qu'il est différent de tous ces petits-bourgeois au milieu desquels ils sont obligés de vivre, certains qu'un jour, leur vie changera... Pourtant les années passent sans leur apporter les satisfactions d'orgueil qu'ils espéraient. S'aiment-ils vraiment ? Jouent-ils à s'aimer ? Se haïssent-ils sans se l'avouer ?... Quand leur échec social devient évident, le drame éclate.»

INCIPIT: "Lorsqu'à la fin de la répétition générale mourut le dernier écho de la dernière réplique, les acteurs de la Compagnie du Laurier n'eurent plus qu'à demeurer figés sur place, silencieux, impuissants et clignant des yeux vers la salle vide par-dessus les lumières de la  rampe." 

6 - Bon moment de lecture

J'aime la littérature, et s'il y a bien un genre dont je suis curieuse ce sont les classiques. Grâce à la collection Pavillons Poches, ma curiosité est plus que satisfaite au travers de leur choix d'éditions et la qualité de leurs ouvrages. Richard Yates est un auteur qui m'a toujours intrigué. Je ne sais plus de quand date cette curiosité mais je savais qu'elle serait satisfaite un jour.

Les Wheeler, April et Franck forment un couple tout à fait ordinaire dans une banlieue elle aussi tout ce qu'il y a de plus commun. Ce couple bien comme il faut habite une jolie maison, avec de beaux enfants, un travail et leur jeunesse. Et le plus important, ils ont des rêves, ou du moins ils en avaient quand ils sont arrivés ici. Maintenant le quotidien les étouffe et leur perfection commence à se fissurer.

Le thème de prédilection de cet auteur est la vie quotidienne de la classe moyenne américaine dans les années 50-60, au moment de l'explosion du capitalisme. Il ne faut pas s'attendre dans ce roman à des paillettes, des sourires et à des "ils vécurent heureux jusqu'à la fin de leur vie". Richard Yates n'est pas trop enclin au happy end semble-t-il. "La fenêtre panoramique" est une vision, il est vrai plutôt pessimiste, de l'étouffement des individus par leur quotidien plus qu'ennuyeux, et surtout la peur de la solitude et du regard des autres qui fait que chacun reste enchaîné dans son rôle de petit bourgeois parfait. Image qu'ils critiquent par ailleurs avec vigueur.

La vision de la vie quotidienne par Richard Yates est glaçante voir déprimante. Pour résumer le désespoir semble inéluctable et la vie n'apporter aucune satisfaction si l'individu entre dans le moule que la société capitaliste américaine à façonner pour lui. Pourtant c'est l'idéal de chacun - normalement - fondé une famille avec la personne aimée, avoir des enfants, une belle maison, un travail qui rapporte pour avoir un niveau de vie agréable...Pourtant si il n'y a pas aucune petite étincelle... L'homme perpétuel insatisfait, semble toujours désiré ce qu'il n'a pas et lorsque le bonheur est passé alors il le voit enfin.

étoileétoileétoileétoileétoileétoile

 

Ce roman glaçant de réalité donne à voir au lecteur , la destruction progressive et inéluctable d'un couple, tué par son quotidien et son ennui. La plume de Richard Yates est saisissante de réalisme et sans pudeur aucune pour leurs sentiments. Pour compléter cette lecture, il serait fort intéressant de visionner "Noces rebelles" de Sam Mendes avec Kate Winslet et Léonardo Di Caprio.

Je remercie les Éditions Robert Laffont de leur confiance.

              Robert Laffont              

Signature