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CORTAZAR Julio - "L'examen".

363 pages.

Editions Denoël (2018).

« Premier grand roman de Cortázar, resté inédit pendant plus de trente ans, L’Examen révèle tout l’univers du maître argentin, son angoisse, son humour, son sens de l’insolite. À la veille d’un examen, deux étudiants, accompagnés d’un couple d’amis et d’un personnage appelé le chroniqueur, font une longue promenade dans Buenos Aires. Cette dérive nocturne leur tient lieu de «grand oral». Les compagnons discutent philosophie, amour, musique, amitié. Ils sont témoins de scènes étranges, croisent des foules recueillies devant des ossements, évoluent dans un épais brouillard au milieu d’étranges champignons. Le régime de Perón, avec son climat de violence et de répression, est le cadre du roman, dont certaines scènes apparaîtront quelques années plus tard comme de surprenantes prémonitions.»

             INCIPIT: "Il y a terriblement d'années, je m'en allais chasser le gibier d'eau dans les marais de l'Ouest - et comme il n'y avait pas alors de chemin de fer dans le pays où il me fallait voyager je prenais la diligence..."

4 - Passable

Il faut bien avouer qu'il y a certains romans qui restent, pour le lecteur, hermétique comme une boîte pour conserver les aliments. Le pauvre bougre n'arrive pas à appréhender l'univers de l'auteur,  il reste détacher par rapport aux idées émises par l'écrivain, ou encore sa plume ne lui parle pas. La première fois que cela m'est arrivé, c'était au lycée lorsque j'ai découvert William Faulkner avec le roman "Le bruit et la fureur" . J'ai persévéré jusqu'au bout du roman sans en comprendre la substantifique moelle. Et bien pour l'oeuvre de Julio Cortazar, j'ai le même sentiment d'être passée à côté.

Un groupe d'amis - dont deux étudiants, accompagnés du "chroniqueur" déambulent dans Buenos Aires à la veille de l'examen final de leur cursus universitaire. Cette promenade nocturne est l'occasion pour eux de discuter d'une foultitude de sujets qui alternent entre évènements de vie et débats plus intellectuels, sur fond de régime politique Péronsite.

Inspiré par Jorge Luis Borges, Julio Cortazar préféra que son roman fut publié à titre posthume, ce qui fait que l'oeuvre resta dans un tiroir pendant presque trente ans. Tout au long des pages, ce n'est pas tant la plume de l'auteur qui déroute le lecteur, que des phénomènes inexpliqués, des scènes étranges de la rue, des foules recueillies, un chien écrasé, des ombres qui se déplacent furtivement. Une violence latente imprègne le récit, une menace plane. Et ce brouillard qui dissimule à la vue les détails qui pourraient éclairer ces situations plus qu'insolites voire énigmatique. 

 

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C'est une lecture difficile car déroutante. Le lecteur voit des choses qu'il ne comprend pas et qui restent dans le brouillard. Aucune explication ne vient éclairer son chemin, et cette angoisse constante, qui va en s'amplifiant au fil des pages n'est pas fait pour donner une sensation de bien-être durant cette lecture. Ce roman nécessite probablement, comme celui de Faulkner, une nouvelle plongée entre ses pages, mais pour le moment l'envie n'est pas là, juste un léger malaise en regardant la couverture.

Je remercie les Éditions Denoël de leur confiance.

denoel

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