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THOMAS Angie - "The hate U give"

488 pages

Éditions Nathan (2017).

« Starr a seize ans, elle est noire et vit dans un quartier difficile, rythmé par les guerres entre gangs, la drogue et les descentes de police. Tous les jours, elle rejoint son lycée blanc situé dans une banlieue chic ; tous les jours, elle fait le grand écart entre ses deux vies, ses deux mondes. Mais tout vole en éclats le soir où son ami d'enfance Khalil est tué. Sous ses yeux, de trois balles dans le dos. Par un policier trop nerveux. Starr est la seule témoin. Et tandis que son quartier s'embrase, tandis que la police cherche à enterrer l'affaire, tandis que les gangs font pression sur elle pour qu'elle se taise, Starr va apprendre à surmonter son deuil et sa colère ; et à redresser la tête.»

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"The hate U give" est un roman fort, un roman coup de poing; et il m'aura fallu quelques jours pour prendre le recul nécessaire avant d'écrire ma chronique. Ce récit, qui a fait le buzz lors de sa sortie, ne peut laisser indifférent étant donné les thèmes traités.

Starr est une adolescente afro-américaine qui vit dans le quartier chaud de Garden Heights où sévissent les gangs de rue et la violence policier. Mais ses parents souhaitent donné à leur fille une chance de s'en sortir, la jeune fille va donc au lycée dans un autre quartier plutôt bourge et plutôt blanc. Elle se dessine au fil du temps deux personnalités bien distinctes. Ce petit univers bringuebalant et de guingois qu'elle s'est construit survit malgré tout, jusqu'au jour où son meilleur ami, Khalil, meure brutalement. Starr va alors tout faire pour qu'une justice juste soit rendue.

Pour un premier roman, Angie Thomas frappe très fort. Elle entraîne son lecteur dans un univers d'un réalisme incroyable, sans utiliser ni stéréotypes ni toute autre forme de facilité dans le récit. L'auteure a su trouver le ton juste et l'exploiter au maximum, jusque dans les dialogues - dont les registres langagiers sont très intéressants - qui oscillent sans peine entre humour et gravité. 

Par facilité, le lecteur pourrait résumé ce récit à un roman sur le racisme, mais ce n'est pas que ça. En plus d'aborder le thème de l'agressivité avec laquelle sont traités les gens de couleurs aux États-Unis (c'est d'ailleurs un peu réducteur comme point géographique, mais passons), Angie Thomas aborde également les meurtres de noirs américains sous couvert de légitime défense, la violence (policière mais également des gangs de rue), la justice à deux vitesses, les préjugés raciaux, et j'en passe. Il y est également fait référence au mouvement Black Lives Matter.

La plume d'Angie Thomas est rythmée, et les presque 500 pages s'avalent toutes seules. Les évènements s'enchaînent et la vie prend le dessus. Ämes sensibles préparez-vous ce roman est un uppercut directement dans l'estomac. On en perd le souffle parfois. Angie Thomas, à travers un fait divers qui pourrait presque être devenu banal, ne va pas se contenter d'accuser, elle va démontrer avec finesse qu'il y a des hommes justes des deux côtés de la barrière, mais que l'inverse est aussi vrai. Le tout est porté par des personnages forts voire marquants pour certains. 

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Cette fiction, qui pourrait aisément être un documentaire ou une étude sociologique, est juste énorme. C'est d'ailleurs un presque coup de coeur. Malgré toute cette violence qui suinte des pores d'une société plus que réaliste, Angie Thomas propose un récit plein d'espoir, porté par un personnage fort et lumineux. C'est un roman poignant à faire découvrir absolument. 
Je remercie les Éditions Nathan de leur confiance.

Nathan

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