Décembre 3

ATWOOD Margaret - "La servante écarlate".

511 pages.

Éditions Robert Laffont (2018).

« Devant la chute drastique de la fécondité, la république de Gilead, récemment fondée par des fanatiques religieux, a réduit au rang d’esclaves sexuelles les quelques femmes encore fertiles. Vêtue de rouge, Defred, « servante écarlate » parmi d’autres, à qui l’on a ôté jusqu’à son nom, met donc son corps au service de son Commandant et de son épouse. Le soir, en regagnant sa chambre à l’austérité monacale, elle songe au temps où les femmes avaient le droit de lire, de travailler… En rejoignant un réseau secret, elle va tout tenter pour recouvrer sa liberté. Paru pour la première fois en 1985, La Servante écarlate s’est vendu à des millions d’exemplaires à travers le monde. Devenu un classique de la littérature anglophone, ce roman, qui n’est pas sans évoquer le 1984 de George Orwell, décrit un quotidien glaçant qui n’a jamais semblé aussi proche, nous rappelant combien fragiles sont nos libertés. La série adaptée de ce chef-d’oeuvre de Margaret Atwood, avec Elisabeth Moss dans le rôle principal, a été unanimement saluée par la critique.»

INCIPIT: "Nous dormions dans ce qui fut autrefois un gymnase." 

8 - Pur délire

La seconde bonne surprise littéraire de ce premier semestre 2018. J'ai découvert Margaret Atwood grâce au roman "Le tueur aveugle", qui est d'un autre genre, mais dont la plume et l'idée première m'avait déjà interpelée. Grâce aux Éditions Robert Laffont, j'ai eu la chance de découvrir "La servante écarlate", dystopie rééditée suite à la parution de la série télévisée du même nom.

Suite à une prise de pouvoir par des fanatiques religieux, la république de Gilead voit le jour. Ou plutôt la dictature de Gilead. Dans cette nouvelle société très codifiée, où chaque individu a une fonction bien définie et où la peur de la délation - les Yeux - est omniprésente, Defred essaye de survivre. Servante écarlate, elle est au service de son commandant - le patriarche de la maison où elle habite - et de sa femme pour leur offrir sa fécondité. Dans cette existence d'ennui et de peur, elle se souvient de sa vie d'avant.

Cette dystopie est vraiment incroyable, même si l'idée maîtresse est au final assez simple, l'univers construit autour par Margaret Atwood est fascinant et par là même effrayant, tellement il paraît proche de certaines réalités. L'auteure le dit elle-même: "Certains romans hantent l'esprit du lecteur, d'autres celui de l'auteur. "La servante écarlate" a fait les deux." La république de Gilead est ultra codifiée et structurée. Chaque caste porte des vêtements (uniformes?) d'une couleur précise: rouge pour les servante ( qui portent également un tatouage qui les distingue du commun des mortels comme des intouchables), bleu pour les épouses, vert pour les marthas, gris pour les tantes, etc. Le rôle de Defred (nom que cette nouvelle société lui a prêté) est la procréation, c'est la mère porteuse  à domicile 2.0.

Dans ce régime totalitaire, tout le monde se méfie de chacun. Ce roman est glaçant - c'est le terme - par la manière insidieuse dont les choses arrivent. Les droits des femmes révoqués de façon totalement anodine, entraînent une exclusion progressive de la société et une dépendance vis à vis de l'homme de la maison. Le système se durcit au fur et à mesure que naissent les interdictions. Celles qui enfreignent les règles sont soit exécutées soit déportées, c'est selon. Et l'une des solutions n'est pas forcément meilleure que l'autre.

 

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C'est un roman captivant. Il fait réfléchir le lecteur sur des thèmes forts, qui ont le pouvoir de bouleverser le monde tel qu'on le connaît. "La servante écarlate" abolit la liberté. Ce témoignage, n'est pas un livre ou l'action se dissimule à chaque page. On y rencontre plutôt une sensation d'oppression, comme un coup de poing dans l'estomac qui couperait pour un instant la respiration. Il rejoint avec plaisir l'étagère de mes romans dystopique fétiche "1984" de Georges Orwell, "Un bonheur insoutenable" d'Ira Levin,  "Le meilleur des mondes" d'Aldous Huxley, "Fahrenheit 451" de Ray Bradbury & co. A lire au moins une fois dans sa vie!

Je remercie les Éditions Robert Laffont de leur confiance.

              Robert Laffont              

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