Olson

OLSON Kayla  - "L'empire de sable"

478 pages.

Éditions Robert Laffont (R) (2017).

« Il suffit d'un grain de sable pour faire s'écrouler un empire. Une page s'est tournée dans l'histoire de l'humanité depuis que les dérèglements climatiques ont rendu la plus grande partie du globe inhabitable. Puis a eu lieu la révolution orchestrée par les Loups, un puissant groupe armé. Ce jour-là, ils ont pris le pouvoir. Ce jour-là, ils ont tout pris à Eden, qui n'a rien vu venir. La voilà désormais détenue dans un camp de travail sous haute sécurité. Son seul espoir ? Gagner l'île de Sanctuary dont lui a parlé son père, le dernier territoire encore neutre. Mais quand Eden parvient finalement à y accoster avec d'autres évadés, l'île se révèle encore plus dangereuse que leur précédente prison..." 
INCIPIT: "Je ne regretterai pas ces matins."   

6 - Bon moment de lecture

Décidément la Collection R affectionne particulièrement le vert en ce moment, mais les couvertures sont toujours aussi réussies et développent atmosphère particulière. C'est tout à fait le cas pour cet excellent roman.

"L'empire du sable" est une dystopie (genre littéraire que j'adore) écologique (ça veut out dire et rien dire en fait). Le jour zéro, les loups prennent le pouvoir dans cette humanité totalement déréglée. Les riches sont cantonnés dans des camps de travail sous le joug d'une milice armée. C'est une guerre mondiale et Eden, comme les autres, est abasourdie par ce qui se passe. Elle ne pense qu'à une chose, s'enfuir pour rejoindre Sanctuary; une île dont son père, ingénieur, lui a beaucoup parlé, et qui est probablement le seul refuge pour elle. Au détour d'une occasion sanglante, la jeune fille réussit à prendre la mer, avec d'autres passagers, mais tout ne va pas se passer comme elle l'imaginait. Et si ce goulag, finalement, était le seul endroit viable pour les gens de sa caste?

Dès les premières pages, le lecteur se fait happer par le monde imaginé par Kayla Olson, tout à la fois riche et complexe. L'idée maîtresse est profonde et l'intrigue parfaitement maîtrisée. De rebondissements en surprises - qui pour la plupart font froid dans le dos, les rescapées vont aller à la rencontre de ce qui les attend et cela ne semble pas être une île paradisiaque, bien au contraire. Mais pourquoi son père l'aurait envoyée là-bas, si c'était pour qu'elle y trouve la mort?... En bon individu sociabilisé de son époque, le lecteur ne pourra s'empêcher de faire le lien avec la série "Lost".

Le concept de la dystopie, est qu'un évènement clé à modifié le monde actuel comme le lecteur le connaît. Dans "L'empire de sable" ce moment c'est le coup d'état des Loups, le jour zéro. Mais d'autres modifications ont eu lieu, qui ont déjà commencé de nos jours tels que le réchauffement climatique et la montée des eaux, la surpopulation, l'augmentation du gouffre entre la classe des pauvres et celle des riches, etc. Au passage, les États-Unis - là où l'action prend sa source - est méconnaissable et se réduit à une superficie de cinq états.

D'une plume assurée et manipulatrice - aussi belle que dangereuse - Kayla Olson plonge le lecteur dans un monde de tous les dangers, tout en développant des thématiques profondes. L'auteure imagine un monde où l'homme est réellement un loup pour l'homme, son principal ennemi, ce qui pour le règne animal est tout à fait incompréhensible. Le dénouement rend cette lecture d'autant plus frustrante qu'elle est menée intelligemment. 

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A la fin de ce roman, le lecteur comprend plusieurs choses, pourquoi Léonardo Di Caprio a aimé ce récit, pourquoi c'est une dystopie écologique et pourquoi il va attendre avec impatience la suite de cette histoire addictive et angoissante à la fois. Une lecture captivante, et une probable relecture avant le second tome pour mieux prendre l'ampleur de cet univers complexe. 

 

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