uras

URAS Michaël - "La maison à droite de celle de ma grand-mère".

Ebook.

Éditions Préludes (2018).

« "Giacomo, ne tarde pas. Les médecins sont formels, la fin est proche." C'est ainsi que notre héros, un jeune traducteur espiègle et rêveur, retourne sur l'île de son enfance, où sa grand-mère est au plus mal. Et alors qu'il doit rendre un travail sans tarder, soudain, c'est toute la Sardaigne qui le retient : Maria, sa mère, qui n'a jamais vraiment compris pourquoi son fils adoré l'avait quitté, Mario le père taiseux, l'envahissant oncle Gavino, Manuella l'épicière du village, dont Giacomo était secrètement amoureux quand il était enfant, la jolie dottoresse Alessandra, qui s'occupe de la nonna à l'hôpital, Fabrizio, l'ami d'enfance au corps cabossé et au grand coeur, et, surtout, le mystérieux Capitaine, figure tutélaire et énigmatique... D'une crique perdue aux ruelles pittoresques que bordent les maisons de couleur, entre une bouchée de dolci et les pastilles miraculeuses du docteur Ignazio, pas de doute, la maison de Giacomo est une île. Mais pourra-t-il en repartir ? Avec ce nouveau roman, c'est une véritable déclaration d'amour à la Sardaigne que propose Michaël Uras, mais aussi une ode aux petits bonheurs et aux joies simples de la vie, le tout porté par une écriture malicieuse et entraînante. Dépaysement et plaisir garantis. Finaliste du prix Marcel Aymé 2017. »
INCIPIT: "La maison à droite de celle de ma grand-mère est rouge, celle de gauche est bleue. Celle qui se trouve en face de la porte d'entrée est jaune. La nôtre est verte. Traverser la rue c'est passé par toute les nuances du spectre. Une plongée dans l'arc-en-ciel."

6 - Bon moment de lecture

Michaël Uras est l'auteur du roman "Aux petits mots les grands remèdes", paru à la rentrée littéraire  - j'allais dire de l'année dernière, mais non... - 2016. Cet ode à la Sardaigne est tentant, mais qu'en est-il réellement? Dès la couverture, le récit de Michaël Uras est lumineux et coloré, même si la raison du retour du héros est bien triste. 

Giacomo est rappelé au chevet de Nonna, sa grand-mère qui se meurt à l'hôpital. Il quitte donc Marseille pour revenir sur son île natale. Pourquoi s'est-il exilé de cet lieu arc-en-ciel qu'il aime par dessus tout? Il  y a sa mère qui crie tout le temps mais qui l'adore, son père le taiseux, son ami d'enfance, Mais dès qu'il pose le pied à terre, l'oppression revient, galopante. A peine est-il repartit que le manque se fait sentir. Je t'aime, moi non plus. 

L'auteur, au travers de détails anodins, dépeint la vie insulaire que mène Giacomo en attendant - c'est bien triste de le dire - le décès de sa tendre Nonna. Il y a les promenades sur le port, les visites à l'hôpital, les discussions avec Fabrizio, condamné à vieillir prématurément, sur la lenteur de la vie qui s'écoule loin du tumulte de la vie moderne. Un retour, pour un instant en enfance, en vacances.

Michaël Uras rend, dans ce paysage écrasé par le soleil, chaque personnage attachant, même le plus secondaire d'entre eux, et c'est avec plaisir que le lecteur vagabonde et papillonne d'une scène à l'autre, d'une émotion à l'autre. Comme s'il savourait un bonbon à l'anis, le laissant fondre doucement sur sa langue. Giacomo, dans son incertitude et sa quête est touchant et attachant. C'est un rêveur, qui s'échappe grâce à sa solitude, mais qui du coup heurte souvent les gens à travers son attitude détachée.

Un autre élément qui fait que le lecteur appréciera encore plus cette lecture, est le métier de Giacomo. Il est traducteur, il aime la lecture avec passion. Au moment de son escapade en Sardaigne, il travaille sur une traduction de Moby Dick d'Herman Melville.  Quelques titres intéressants sont d'ailleurs cités...

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Cette lecture ensoleillée au coeur de l'hiver, donnera irrémédiablement envie au lecteur de prendre un vol en partance pour la Sardaigne avec sa mer turquoise et ses maisons colorées. Un récit emprunte de tendresse et de mélancolie, à savourer. 
 
Je remercie les Éditions Préludes et Netgalley de leur confiance.

 

NetGalley

 

 

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