Favan

FAVAN Claire - "Dompteur d'anges"

416 pages.

Éditions Robert Laffont - Collection La bête noire (2017).

«On ne choisit pas sa famille. Encore moins celle de son ravisseur... Condamné pour un meurtre qu'il n'a pas commis, Max Ender a été jeté en pâture à ses codétenus par ceux-là mêmes censés assurer l'ordre et la discipline au sein de la prison. Lorsqu'il est reconnu innocent et libéré, ce n'est plus le même homme. Il n'a désormais plus qu'une seule idée en tête : se venger de cette société qu'il hait par-dessus tout. Pour frapper ses bourreaux au coeur, il va enlever leurs enfants et, méthodiquement, au fil des ans, faire de ces petits anges des bêtes féroces avant de les envoyer punir ses tortionnaires à sa place. Tout se déroulera selon ses plans jusqu'à ce qu'une de ses créatures lui échappe et disparaisse dans la nature...»    
INCIPIT: "Désolé, Faye. On a pris du bon temps, mais mon avenir est tout tracé et toi et cet enfant, vous n'en faites pas partie." 

6 - Bon moment de lecture

C'est le second roman de Claire Favan que j'ai entre les mains, et c'est un thriller saisissant. Après "Serre-moi fort", l'intrigue est toujours aussi prenante, et son mécanisme redoutable, jusqu'à ce que l'ensemble s'enraille. 

Les thématiques sont extrêmement dures entre l'univers carcéral, les jeunes victimes, la perversité de la manipulation mentale. Il faut s'accrocher, mais une curiosité malsaine  pousse le lecteur à tourner les pages les unes après les autres. Le point fort de ce thriller est que l'auteur, par son mode de narration, empêche le lecteur de s'attacher à l'un ou l'autre des personnages. Elle nous immisce insidieusement dans l'intimité de chacun, dans le projet totalement fou et pervers de Max Ender. 

La plume de Claire Favan est efficace et poursuit froidement son chemin vers le dénouement de son intrigue. Elle se s'encombre ni de fioritures ni de détails ce qui sert tout à fait son intrigue. Les rôles de coupables et victimes sont tout à fait interchangeables dans ce récit de vengeance qui engendre la vengeance, et la boucle est sans fin. 

Au fil de cette diversité d'angle de narration, le lecteur ne peut s'attacher à un personnage plus qu'un autre, et au final, l'empathie est difficile à trouver étant donné la noirceur du récit. Mais on ne peut s'empêcher d'être fasciner par ce serpent, aussi venimeux soit-il, il est impossible de lâcher sans avoir le mot de la fin, et savoir où veut en venir l'auteur et comment ce plan machiavélique va trouvé une issue. Ca pique un peu c'est sur, et le lecteur prend quelques suées aussi. C'est glaçant et cela reste crédible juste ce qu'il faut sans pour autant tomber dans la glauque attitude. 

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Un thriller ultra tendu, avec des thèmes durs et une intrigue menée tambour battant. A lire par tout les adeptes de roman très très noirs. Mais en fermant le livre, on ne peut que se demander comment l'auteur, qui paraît être une personne tout à fait "normale" - mais qu'est-ce que la normalité de nos jours... - peut dérouler le fil de son intrigue et aller aussi loin dans le machiavélique. 
Je remercie chaleureusement les Éditions Robert Laffont et surtout toute l'équipe de la Collection La bête noire de leur confiance.

 

La bête noire

 

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