Irving

IRVING John - "L'épopée du buveur d'eau".

368 p.

Éditions Seuil (1995).

« Fred " Bogus " Trumper, fumiste farfelu, a un problème : son canal urinaire est trop étroit. Pour cesser de souffrir pendant l'amour, un seul remède : boire des litres d'eau. Sa femme veut le plaquer, sa maîtresse souhaite un bébé, et, surtout, le réalisateur d'un documentaire sur l'échec tient absolument à s'inspirer de sa vie... Vaille que vaille, Bogus s'obstine à croire qu'il pourrait bien, un jour, réussir quelque chose.»

INCIPIT: "Elle avait parlé de moi à son gynécologue; il m'avait recommandé ce confrère." 

6 - Bon moment de lecture

 

"L'épopée du buveur d'eau" est le premier roman de John Irving que j'ai lu. Et en le relisant, plusieurs années après, les souvenirs que j'en avaient gardé ne sont pas les mêmes, mais je n'avais pas tout oublié non plus. On peut remarqué que les auteurs ont souvent des thèmes de prédilections, ou des traits communs à plusieurs de leurs personnages, c'est bien le cas pour John Irving. 

Il y a quelques temps, j'ai lu "Les rêves des autres". Parmi les nouvelles du recueil, l'une d'elle m'a beaucoup fait pensé à ce roman, avec pour point commun, un gynécologue. En parlant de ça, la première phrase de ce roman est devenue culte pour moi. Elle met immédiatement dans l'atmosphère du récit des aventures de Bogus, de ses problèmes urinaires et de son gros problème d'engagement. Mais c'est une autre histoire. 

Bogus, le héros, donc, est un total anti-héros, comme John Irving aime à les esquisser. Il a du mal a terminer sa thèse pour sortir de son rôle d'éternel étudiant. Côté coeur, la situation n'est pas des plus claires non plus entre une maîtresse qui veut un enfant et une ex-femme qui ne le laisse pas insensible. Alors, il décide de partir à la recherche de son ami de toujours dont il n'a pas eu de nouvelles depuis quelques années déjà: Merril.

Les situations cocasses et désopilantes s'enchaînent et font plonger le lecteur dans un univers des possibles totalement barré. Entre les amis aux idées plus que foireuses et les situations que personne n'aimerait vivre, on a tendance à se demander si ce n'est pas un fait exprès. Un trait par trop marqué. 

Et bien sûr, il y a les scènes cultes, qui marque dans la vie d'un lecteur. John Irving a l'insigne honneur d'avoir écrit deux de mes scènes littéraires les plus marquantes, l'un dans "Le monde selon Garp", l'autre dans "L'épopée du buveur d'eau". Merril, le meilleur ami de Bogus est diabétique, et lorsqu'il ne prend pas son traitement, il perd complètement les pédales, et pète un plomb. Il se lance alors dans une pêche au nénés mémorables, à l'aide de la dragonne d'un bâton de ski. Barré, je vous dis. 

 

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Finalement, le lecteur finit par s'y attacher à ce fumiste de première qu'est Bogus, et les dernières pages, accompagnent la découverte d'une certaine stabilité émotionnelle dans sa vie, même s'il n'empêche que l'on ressent une très forte envie de lui dire d'arrêter de se regarder le nombril, nom d'un chien! En tout cas, le terrain est prêt pour accueillir "Le monde selon Garp", qui porte davantage de maturité dans ses lignes. Mais il faut quand même dire que "L'épopée du buveur d'eau" est le second roman de l'auteur, et c'est déjà très prometteur... En toute impartialité, bien sûr. ;)

CITATIONS: à venir.

 

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