Valès

VALES José C. - "Cabaret Biarritz".

464 pages

Éditions Denoël (2017).

« Une comédie littéraire dans le Biarritz effervescent des années folles.
1938. Georges Miet, un jeune écrivain fougueux, se lance dans l’écriture d’un roman sur un drame survenu à Biarritz près de quinze ans auparavant : le corps d’une jeune libraire retrouvé dans le port avait plongé la ville dans un profond émoi. Il en est sûr, ce roman sera son chef-d’œuvre. Georges commence alors son enquête dans l’élégante station balnéaire. Il interroge tous les acteurs de la frétillante cité – employés de maison, grands bourgeois, gendarmes, journalistes et bonnes sœurs –, nous faisant pénétrer dans l’alcôve sombre d’une bourgeoise de province, mais aussi dans les cabarets, les bordels de luxe et les restaurants les plus chics.
»

INCIPIT: "Sans doute est-il inutile de répéter ici ce qui a été déjà dit maintes fois dans de précédentes études: c'est Philippe Fourac, propriétaire et directeur des éditions La Fortune qui, en 1938, commande à l'écrivain Georges Miet la rédaction d'un roman ayant pour sujet les évènements terribles et dramatiques qui avaient troublé l'élégant bourg touristique de Biarritz, au sud du pays, quelques années auparavant." 

6 - Bon moment de lecture

 

Cette satire sociale, écrite par José C. Valès a reçu le prix Nadal- équivalent du prix Goncourt - en 2015. L'auteur se lance dans un roman dense, qui retrace l'atmosphère des années folles, à Biarritz, le Saint-Tropez basque de l'époque, où toutes les grosse fortunes, les grands noms et les artistes de talent venaient se faire voir. 1938, George Miet, a reçu commande d'un roman relatant les évènements tragiques qui se sont déroulés là-bas, il y a une quinzaine d'années, et notamment la découverte du corps d'une jeune libraire dans les eaux du port.

Chaque chapitre est la transcription des entretiens que le journaliste va avoir avec l'entourage proche et informé de la jeune femme. Il va ainsi rencontré une foule d'individus de divers milieux. Le lecteur va ainsi être plongé dans ce petit monde bourgeois avec son cabaret, ses villas luxueuses, ses plages privées, ses grands hôtels majestueux. On y croise des bourgeois, petits ou grands, des artistes, des domestiques, du petit personnel, des danseuses, des commerçants, des professions libérales, des riches, des pauvres, etc. Toutes les couches de la société sont brassées. Parmi tous, trois personnages se démarquent: Béatrix Ross Buttgereit-Dientzenhoffer dite Trixie, Paul Villequeau surnommé Vilko, et le photographe Marcel Gallet. Ils vont tenté de faire la lumière sur les divers décès inhabituels survenus au cours de ce fameux été. 

Cette succession de monologues peut dérouté le lecteur qui ne sait pas trop à quoi s'attendre et comment interpréter cette masse d'informations. Quel lien y-a-t-il entre toutes ces personnes?...  jusqu'à ce qu'il comprenne que le tout éclaire d'un nouveau jour le Biarritz de ces années-là. Une question se pose, dès le début: est-ce un roman basé sur des faits réels ou fictifs? José C; Valès est tellement prolixe et minutieux dans ses informations, qu'il est de bon ton de s'interroger sur cet état de faits. 

La plume de l'auteur est introspective, vive et fluide, ce qui permet au lecteur, même s'il ne comprend pas tous les tenants et les aboutissants, de s'imprégner de cette atmosphère si particulière de l'époque, et de découvrir cette peinture, un brin satyrique d'une société bourgeoise, où le paraître est essentiel.

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Cette fresque satyrique, tend à paraître réelle tellement l'auteur entre dans le détail. Il s'en joue et propose au lecteur une plongée dans un Biarritz des années folles, où le paraître, côté cour, dissimule des choses troublantes côté rue. En refermant ce roman, on a l'impression qu'Agatha Christie est passée par ici...

Je remercie les Éditions Denoël de leur confiance.

denoel

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