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LÖVESTAM Sara - "Chacun sa vérité"

Ebook

Éditions Robert Laffont - Collection La bête noire (2016).

«" Si la police ne peut rien pour vous, n'hésitez pas à faire appel à moi." Kouplan, détective sans-papiers. Depuis trois ans, Kouplan est en « situation irrégulière ». Sa demande d'asile a été rejetée par la Suède mais il ne peut rentrer dans son pays, l'Iran, sans risquer sa vie. Dans l'attente d'un avenir meilleur, il lui faut échapper à la vigilance quotidienne des autorités, tout en gagnant assez d'argent pour subvenir à ses besoins : ex-journaliste, il songe à poursuivre dans l'investigation. 
Un jour, il propose ses services sur Internet et une femme lui répond : sa fille de six ans a été enlevée. Cette enquête va le précipiter dans le Stockholm underground, ces recoins de la ville où les clandestins sont des proies faciles pour les criminels... Premier volet de la tétralogie Kouplan, Chacun sa vérité a reçu le prix de l'Académie suédoise des auteurs de polars 2015.
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INCIPIT: "Observer sans être vu, disparaître dans le décor et guetter le moindre détail, être à l'affut d'un mouvement anormal et se fondre dans la foule jusqu'à ne plus exister... c'est le comportement instinctif du chasseur, du prédateur." 

6 - Bon moment de lecture

Avec "Chacun sa vérité", le lecteur sort totalement des sentiers battus du polar classique. Il faut dire qu'à l'origine, Sara Lövestam n'était pas partie pour orienter son récit dans cette direction, mais plutôt pour aborder le statut des marginaux dans les sociétés capitalistes actuelles. Malgré cela, elle a reçu un prix pour son roman de la part de l'Académie suédoise des auteurs de polars. Ironique, non?

Le personnage principal est lui-même un immigré iranien, qui se cache des forces de police, dans l'attente de la régularisation de sa situation. En attendant, il faut bien manger, dormir... vivre quoi et pour cela il faut de l'argent. Ancien journaliste, c'est presque naturellement qu'il en vient à l'investigation. Sa cliente est, comme lui, une marginale de la société suédoise, dont l'enfant a été enlevée. L'enquête de Kouplan, fleurant l'amateurisme, va balader le lecteur dans les rues d'un stocklom underground.

La plume de l'auteur, fluide et claire porte le lecteur de page en page, sans difficulté. Le tissu relationnel  qui se forme entre les personnages, dégage beaucoup d'empathie, et rend ces deux êtres fragiles forts attachants. Le lecteur se préoccupe de ce qu'il va bien pouvoir leur arrivé, étant donné leurs situations précaires à tous les deux. Cela donne une toute autre dimension à un récit, qui a la base - même si aucun parent au monde ne souhaite vivre ça - aurait pu s'avéré tout à fait banal pour ce genre littéraire. 

La force d'un roman, ce sont ses personnages, et dans cette histoire-ci, on est assez bien servi. Même si le lecteur devinera la conclusion de l'intrigue avant la dernière page, des informations capitales jalonnent néanmoins les tous derniers paragraphes. Les thèmes abordés par l'auteur sont forts. enlèvement, racisme, trafic d'êtres humains, prostitution, etc. Cette vision de la société porte à réfléchir sur la vie des gens "non officiels".

 

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Une lecture qui pique l'attention du lecteur en l'imergeant dans un univers qui lui est totalement étranger, aux côtés d'un détective hors-norme, voire sans norme au regard du carcan de la société moderne, capitaliste. Curieuse de découvrir le prochain opus mettant en scène cet étrange Kouplan.
Je remercie chaleureusement les Éditions Robert Laffont et surtout toute l'équipe de la Collection La bête noire de leur confiance.

 

La bête noire

 

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