Mabanckou

MABANCKOU Alain - "Petit piment"

233 pages.

Éditions Points (2017).

«Jeune orphelin de Pointe-Noire, Petit Piment effectue sa scolarité dans une institution placée sous l’autorité abusive et corrompue de Dieudonné Ngoulmoumako. Arrive bientôt la révolution socialiste, les cartes sont redistribuées. L’aventure commence. Elle le conduira notamment chez Maman Fiat 500 et ses dix filles, et la vie semble enfin lui sourire dans la gaité quotidienne de cette maison pas si close que ça, où il rend toutes sortes de services. Jusqu’à ce que ce bonheur s’écroule. Petit Piment finit par perdre la tête, mais pas le nord : il sait qu’il a une vengeance à prendre contre celui qui a brisé son destin.»
INCIPIT: "Tout avait débuté à cette époque, où, adolescent, je m'interrogeais sur le nom que m'avait attribué Papa Moupelo, le prêtre de l'orphelinat de Loango: Tokumisa Nzambe po Moze yamoyindo abotami namboka ya bakoko."   

6 - Bon moment de lecture

Avec pour toile de fond cinquante années de l'histoire congolaise, le lecteur va suivre les péripéties de la vie de Moïse dit Petit Piment - ça c'est la version courte, pour la longue, relisez incipit, j'ai la flemme de le redire...^^Ayant grandi dans un orphelinat de Loango, l'enfant attendait, comme beaucoup d'autres, la venue, comme un rayon de soleil, de Papa Moupelo, jusqu'au jour où le saint homme ne vint plus, pour cause de changement de régime  politique à la tête du pays. La vie de Petit Piment et des autres enfants va alors totalement changer.

Le lecteur suit Petit Piment dans toutes ses péripéties, à l'orphelinat, puis dans les rues de Pointe Noire où il devient un détrousseur. Et Petit Piment rêve d'une vie différente, d'être un héros comme ses héros littéraires que sont Robin des Bois ou d'Artagnan. Dans la dernière partie du roman, la quiétude qu'avait enfin trouvé notre héros est encore une fois rompue, et il plonge alors inexorablement vers la folie.

Ce voyage au coeur de l'Afrique est totalement dépaysant, en cette fin d'hiver pluvieux. Cela réchauffe un peu les mains froides qui tournent les pages de ce roman. Le regard malicieux de l'auteur sur le peuple congolais, devient beaucoup moins transigeant concernant le pouvoir. L'époque qu'il décrit se situe au tout début de l'indépendance du Congo, si cher à son coeur, où l'empreinte européenne est encore présente. Mais même si le cadre évolue ( changements politiques...), le centre du problème reste le même avec les rivalités entre ethnies, entre groupes, entre partis, entre religion...

Mais tout cela, Petit Piment s'en fout. Il veut rattraper son enfance volée, sa liberté. Même s'il sait que c'est impossible. Tout au long du récit, il restera un enfant dans sa tête, repensant à cette période stable de sa vie avec Papa Moupelo et Bonaventure son meilleur ami. La fin se clôt sur un clin d'oeil moqueur que chacun pourra interpréter comme il veut. 

La plume d'Alain Mabanckou est érudite, et facétieuse, tantôt enlevée, elle lance le lecteur derrière Petit Piment et ses mésaventures, tantôt lente frôlant l'ennui, elle manque d'ampleur et le lecteur pâtit un peu de ce manque de description, de développements. 

 

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Ce roman picaresque et initiatique , sous la plume malicieuse d'Alain Mabanckou, le lecteur plonge, à la suite de Petit Piment, dans le Congo des années soixante/soixante-dix où le changement d'ère est en marche. Une histoire dépaysante, qui donne envie de découvrir "Verre-cassé", dont le héros pourrait être le grand-père de notre Moïse. Affaire à suivre.
CITATIONS: "
Je remercie les Éditions Points et l'équipe de Lecteurs.com de leur confiance.

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