Itaranta 10

ITARANTA Emmi - "La cité des méduses".

E-book

Éditions Presses de la Cité (2017).

« “Je rêve encore de l’île. Parfois je m’en approche par les eaux, mais le plus souvent par la voie des airs, comme un oiseau, le grand vent sous mes ailes.”
C’est sur cette île, dans la cité des Méduses, qu’ Eliana, citoyenne modèle, a grandi. Tisseuse au palais des Toiles, elle s’acquitte chaque jour avec application de sa tâche, dissimulant au monde un lourd secret. Sa solitude prend fin lorsqu’une intruse est découverte dans le palais, la langue coupée. D’où vient-elle? Que fait-elle ici? Le seul indice tient en un prénom tatoué sur sa main:”Eliana”. Les deux jeunes femmes se retrouvent bientôt au coeur d’une machination orchestrée par le Conseil. Et si, pour survivre et sauver l’île des eaux qui commencent à envahir les rues, Eliana n’avait d’autre solution que de faire appel à ce don qu’elle avait jusqu’alors considéré comme une malédiction: rêver.
»

INCIPIT: "Je rêve encore de l'île." 

6 - Bon moment de lecture

 

Malgré ce que laisse supposer le titre - dommage pour les amateurs- aucune méduse ne fait son apparition dans le roman, malgré cette magnifique couverture qui laisse présager du contraire. 

Emmi Itäranta plonge de lecteur dans l'univers d'Eliana, au fil d'une plume travaillée, qui en devient presque poétique. L'auteur dépeint avec soin cette île qui paraît si mystérieuse et attirante. Le lecteur découvre, aux côtés de la jeune femme, le fonctionnement de cette société divisée en palais, le Conseil, mais surtout cette grande peur qui paralyse tous les habitants; la crainte de la peste onirique. 

Malgré le rythme lent du récit, comme des vagues qui se jettent sur la plage, le lecteur, curieux, prend plaisir à découvrir ce contexte si mystérieux et attirant, car il le sent bien dès le début, Eliana n'est pas qu'une simple tisseuse effacée et obéissante. Il y a quelque chose d'autre qui couve. Et cette intuition se confirme le jour où elle découvre une inconnue blessée avec son prénom écrit au creux de la main. 

"La cité des méduses" a du potentiel. Le message qu'Emmi Itaranta souhaite faire passé est très bien amené. Le contexte est développé avec finesse et la seconde partie projette le lecteur au coeur d'évènements qui vont bouleversé la vie d'Eliana et de sa Cité. Mais que viennent faire les méduses dans tout ça? Et le tatouage? En refermant ce roman, on se rend compte que des mystères persistent encore. Que tout n'est pas éclaircit, mais peut-être que c'est une volonté de l'auteur, pourtant en général, les lecteurs aiment peu rester dans le flou...

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Ce récit, onirique, permet de découvrir la plume poétique et tout en finesse, de l'auteur finlandaise, Emmi Itäranta. Entre réalité et fiction, elle emmène le lecteur aux côtés d'une jeune tisseuse au destin pas si linéaire que ça, finalement. On ne peut s'empêcher de penser à l'oeuvre d'Hayao Miyazaki, même si le support n'est pas le même. 

Je remercie à Netgalley et aux Éditions Presses de la Cité de leur confiance.

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