Uhlman 

UHLMAN Fred - "L'ami retrouvé".

122 pages.

Éditions Folio (1993).

« Agé de seize ans, Hans Schwarz, fils unique d'un médecin juif, fréquente le lycée de Stuttgart. Il est encore seul et sans ami véritable lorsque l'arrivée dans sa classe d'un garçon d'une famille protestante d'illustre ascendance lui permet de réaliser son exigeant idéal de l'amitié, tel que le lui fait concevoir l'exaltation romantique qui est souvent le propre de l'adolescence.
C'est en 1932 qu'a lieu cette rencontre, qui sera de courte durée, les troubles déclenchés par la venue de Hitler ayant fini par gagner la paisible ville de Stuttgart. Les parents de Hans, qui soupçonnent les vexations que subit le jeune homme au lycée, décident de l'envoyer en Amérique, où il fera sa carrière et s'efforcera de rayer de sa vie et d'oublier l'enfer de son passé. Ce passé qui se rappellera un jour à lui de façon tragique.
»
INCIPIT: "Il entra dans ma vie en février 1932 pour n'en jamais sortir."

 

8 - Pur délire

 

On remarquera que mes dernières lectures pour l'ABC Challenge de Nanet sont de plus en plus courtes. Le manque de temps est un facteur, de même que la difficulté à trouver des noms d'auteurs commençant par la lettre recherchée. J'ai donc dû replonger dans mes lectures scolaires et pour certains de ces romans, j'ai bien fait...

Ce roman est une pépite. Comme quoi, le nombre de pages ne veut rien dire. Il est concis, mais tout y est, de même que l'explication du titre, qui laisse un moment le lecteur un brin étourdi. D'accord, j'exagère un peu, mais quand même, j'avoue l'idée brillante. Et dans les récits aussi courts, il est de bon ton de faire attention en lisant la quatrième de couverture de ne pas se faire spoiler, ce qui est si facile. 

La plume de l'auteur pourvue d'une certaine fluidité et avec l'exigence de la brièveté parvient à emporté le lecteur dans le récit de cette amitié adolescente. Tout y est, et rien ne manque. Quelques pages supplémentaires serviraient peut-être à détailler davantage cette relation, ou la montée du nazisme ou toute autre chose en lien avec l'histoire, mais cela n'apporterait rien de plus à ce récit. Et c'est ça qui en fait un tour de force et toute la valeur. 

Fred Uhlman est un homme qui a vécu l'une des plus horribles périodes historiques européennes. Ce récit autobiographique, en effleure pourtant à peine le sujet. Le lecteur sent les pas lourds du nazisme et de la seconde guerre mondiale se profiler, l'auteur y a perdu la quasi totalité de sa famille, et pourtant, ce n'est qu'une brève esquisse dans ce tableau, mais néanmoins la cause majeure de sa rupture amicale avec Conrad. 

Le seul point troublant est que le lecteur a l'impression qu'il y a un filtre posé sur les sentiments des personnages, sur les évènements qui les entourent, comme une nostalgie ou une histoire que l'on écouterait en ayant des acouphènes. Tout est mesuré, il n'y a pas de violence, de sentiments forts, d'explosion malgré ce que retrace ce récit. 

Le dénouement est le point d'orgue du récit, et avec une autre fin, l'histoire aurait pu perdre toute sa finesse et sa subtilité, mais là, le lecteur est transpercé par la justesse des mots de l'auteur, qui n'aurait pu faire mieux. C'est juste excellent. 

 

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Ce livre que l'on ne peut pas franchement qualifié, de part sa longueur, de nouvelle ou de roman, se suffit néanmoins à lui-même. A découvrir au moins pour se faire son propre avis. En une toute petite après-midi pluvieuse c'est fait. 
CITATIONS: à venir

 

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