Nothomb

NOTHOMB Amélie - "L'hygiène de l'assassin".

200 pages.

Éditions Albin Michel (1992).

« Prétextat Tach, prix Nobel de littérature, n'a plus que deux mois à vivre. Des journalistes du monde entier sollicitent des interviews de l'écrivain que sa misanthropie tient reclus depuis des années. Quatre seulement vont le rencontrer, dont il se jouera selon une dialectique où la mauvaise foi et la logique se télescopent. La cinquième lui tiendra tête, il se prendra au jeu. Si ce roman est presque entièrement dialogué, c'est qu'aucune forme ne s'apparente autant à la torture. Les échanges, de simples interviews, virent peu à peu à l'interrogatoire, à un duel sans merci où se dessine alors un homme différent, en proie aux secrets les plus sombres. Premier roman d'une extraordinaire intensité, où Amélie Nothomb, 25 ans, manie la cruauté, le cynisme et l'ambiguïté avec un talent accompli.»

 

 01 - lecture décevante

Une relecture du premier roman d'Amélie Nothomb qui ne fut pas exactement comme dans mes souvenirs. Je sais, le temps passe, mais quand même changé d'opinion aussi "radicalement" - je sais j'exagère toujours - est quand même assez hallucinant. Pour faire court, comme le livre l'est lui-même: beurk! Voilà c'est dit.

Le lecteur a l'impression que tout est fait pour rendre ce récit horripilant. Et pourtant c'est une femme qui l'écrit. Mais, pour résumé, dans le premier coin  cet écrivain misanthrope - bizarrement on ressent davantage le côté misogyne mais peut-être est-ce parce que ça me touche davantage... - et égocentrique. Le bonhomme ne doit plus voir ses chevilles tellement elles ont enflées. 

En face, l'adversaire - car on a clairement affaire à un match, à affrontement entre deux personnalités qui cherchent à prouver à l'autre qu'elle a raison - la petite journaliste, qui, croyait-on allait se faire manger toute crue par cet homme, cette bête. Et non., elle lui tient tête, et pas qu'un peu. Il est outré qu'une femme lui résiste ainsi, mais intérieurement il adore, enfin qu'un qui ose. 

En plus de mettre en scène des personnages exaspérant, Amélie Nothomb propose un récit redondant. Les répétitions sont légions, et ça n'avance pas. Le rythme est lent et l'histoire traîne en longueur, et il n'y a que 200 pages, imaginez s'il y en avait eu 400. Le lecteur aurait pu imaginé que l'ultime interview ferait bougé les choses. Même pas, et à ça s'ajoute propos misogynes et détails sordides. 

étoileétoile

Un roman précurseur de l'engouement pour cette auteur atypique, qui met en scène, de manière originale il faut bien l'admettre, un dialogue entre deux cerveaux aux réparties cinglantes. Mais cette atmosphère malsain, ce personnage au nom bizarre et au caractère trop extrême font que cet ouvrage provoque des sentiments forts. Soit on déteste soit on aime. Je suis, pour ma part, dans la première catégorie. 

 

abc2016

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