Westmacott

WESTMACOTT Mary - "Ainsi vont les filles".

Ebook.

Éditions Le livre de poche (2016).

« Dans l’Angleterre de l’après-guerre, Ann, veuve de longue date, peut-elle se permettre de vivre un nouvel amour au risque de déstabiliser sa fille Sarah ? Et celle-ci doit-elle déplaire à sa mère et tomber amoureuse d’un garçon qui ne fait pas l’affaire ? N’est-ce pas dangereux de s’arroger le droit de diriger la vie de l’autre ? Ne l’est-ce pas tout autant de refuser de s’impliquer ? Agatha Christie nous plonge dans des rapports mère-fille tortueux, manipulateurs,pleins d’amour et de haine, avec le même talent pour l’intrigue psychologique que celui dont la « reine du crime » a fait preuve dans ses romans policiers.»

INCIPIT: "Sur le quai de la gare Victoria, Ann Prentice fit au revoir de la main." 

6 - Bon moment de lecture

Pour ceux qui fréquentent un peu Just One More Page - mais si il y en a! - alors ils ne seront pas surpris que je lise un roman romantique d'une certaine Mary Westmacott, alias Agatha Christie. Une de mes auteurs favoris. Personnellement, lorsque j'aime un auteur, je veux découvrir tout ses écrits, les bons comme les mauvais, ceux qui l'ont fait connaître, comme les premiers essais rejeter par les maisons d'éditions, avant la renommée. 

La dame, sous ce pseudo a écrit, entre autres six romans, que les Éditions Livre de Poche réédites, dans une succession de couvertures que j'aime beaucoup. Ma précédente lecture était "L'if et la rose" , qui elle était dans des tons oranges. "Le poids de l'amour", le petit dernier sorti pour la rentrée, quant à lui est bleu. Dans tous les cas, j'espère avoir l'occasion de découvrir ces autres oeuvres, que je lirai religieusement.  ^^

Ann, après un long veuvage, décide de se remarier, hors sa fille Sarah, ne voit pas les choses de cet oeil, habituée qu'elle est à disposer de sa mère pour elle seule depuis qu'elle est enfant. Elle fait alors vivre un enfer au couple, pour bien marquer son désaccord. Ce dernier, étant donné la tension, est obligé de repousser les noces. Dans la seconde partie, quelques années plus tard, on retrouve ces deux femmes, dans une situation inversée. Sarah se fait courtiser par un homme riche à la réputation sulfureuse. Indécise, elle demande de l'aide à sa mère, trop occupée par sa nouvelle vie, pour prendre le temps de compatir aux sentiments de sa fille.

Dans ce roman, Mary Westmacott - puisque c'est le nom qu'elle s'est choisi - traite de l'amour, filial d'abord, entre une mère et sa fille; de l'amour avec un grand A, mais surtout des conséquences que tous ces sentiments entraînent. Car le monde est gouverné par l'argent, mais la vie l'est par les  sentiments. Ann et Sarah semblent penser que parce qu'elles ont des liens du sang et de l'amour pour l'autre, qu'elles doivent en abuser. Un brin despotique, elles sont plutôt en guerre qu'en amour, tentant de convertir l'autre à sa raison. 

Le style de l'auteur diffère de ce que l'on a l'habitude de lire; les dialogues sont prépondérants par rapport aux descriptions et autres explications. Et pour cause, initialement, le roman avait été pensé et rédigé sous forme de pièce de théâtre. Pourtant, encore une fois, la finesse psychologique avec laquelle les personnages sont esquissés, relève bien de la plume d'Agatha Christie. L'atmosphère pesante, de cette relation excessive, donne au lecteur un sentiment de mal aise, d'oppression. Et de gratitude, celle de ne pas avoir entretenu ce lien avec sa propre mère. ;)

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Ce roman psychologique brosse le portrait amer d'une relation mère-fille plus que toxique. Même si le lecteur ne retrouve pas ce qu'il a adoré dans les romans policiers de la reine du crime - elle ne porterait pas ce titre si ce n'était pas le cas - l'ouvrage vaut le détour pour le côté sarcastique et noir que met en place l'auteur. 
 
Je remercie les Éditions Le livre de poche et Netgalley de leur confiance.

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