Bannel

BANNEL Cédric - "Baad"

480 pages.

Éditions Robert Laffont - Collection La bête noire (2016).

«Barbarie
Des jolies petites filles, vêtues de tenues d'apparat, apprêtées pour des noces de sang.
Abomination
Deux femmes, deux mères. À Kaboul, Nahid se bat pour empêcher le mariage de sa fille, dix ans, avec un riche Occidental. À Paris, les enfants de Nicole, ex-agent des services secrets, ont été enlevés. Pour les récupérer, elle doit retrouver un chimiste en fuite, inventeur d'une nouvelle drogue de synthèse.
Affrontement
Il se croit protégé par ses réseaux et sa fortune, par l'impunité qui règne en Afghanistan. Mais il reste encore dans ce pays des policiers déterminés à rendre la justice, comme l'incorruptible chef de la brigade criminelle, le qomaandaan Kandar.
Déflagration
Nicole et Nahid aiguisent leurs armes. Pour triompher, elles mentiront, tortureront et tueront. Car une mère aimante est une lionne qui peut se faire bourreau.
»    
INCIPIT: "Quand l'heure a sonné, il n'est plus ni de beauté ni de dignité." 

 

2 - Passable

Ce thriller de Cedric Bannel, dans lequel il est question de trafic de drogue, de mafia, de serial killer, d'enlèvement et j'en passe, reprend les personnages de son précédent roman "L'homme de Kaboul", écrit en 2011. Mais pas d'inquiétude à avoir, les deux récits ne sont pas imbriqués, et les personnages sont très bien présentés, en ouverture de l'histoire. Le lecteur n'est donc absolument pas perdu lorsqu'il commence les aventures d'Oussama Kandar.

Ce roman est dense, et suit plusieurs trames en même temps, qui au début ne semblent avoir aucun rapport entre elles. L'auteur maîtrise son sujet, et les étapes, nombreuses de son intrigue. Il fait découvrir un Afghanistan plus vrai que nature, saisissant de réalité, violent. L'intrigue majeure est liée au qomaandaan Kandar, en proie avec un meurtrier des plus lâches, et malsain qui s'en prend à des fillettes. 

L'autre facette du récit est menée par personnage Nicole Laguna. Ancienne de la PJ et autre DGSE, elle pensait trouver le calme dans le privé, jusqu'au jour où sa famille est kidnappée. En échange, elle doit retrouvé un individu, qui gène ses ravisseurs dans leur entreprise. Tel est le deal. 

L'action est bien là, et le lecteur - malgré quelques petites difficultés avec les noms des personnages - se laisse happer dans l'engrenage efficace mis en place par Cédric Bannel. Le personnage central de Kandar, est le plus intriguant des héros, incorruptible des temps modernes, au coeur d'un pays bouleversé, il résiste et se bat, avec à ses côtés une équipe efficace et qui y croit. 

Le cadre dans lequel se déroule le récit n'est pas anodin et ajouté une force importante à l'intrigue avec un contexte politique fragile voire dangereux, un pays complexe, en guerre depuis des années. L'originalité de l'auteur est d'avoir choisi de faire de son personnage principal un natif de l'Afghanistan, qui tente en vain de lutter contre le courant, contre la violence, même s'il sait que c'est peine perdue. Il n'hésite d'ailleurs pas à utiliser, à contre coeur,  la méthode forte s'il pense que la fin justifie les moyens. 

La place des femmes dans ce pays, est aussi un sujet très délicat à aborder. Traitées comme une denrée périssable, elles n'ont que peu de liberté. Mais grâce notamment au personnage de Malalai, la femme moderne et libre du qomaandaan, l'auteur laisse un léger espoir transpercé cette nasse. 

 

 étoileétoileétoileétoileétoile

Ce roman dense et mené sur différents fronts, ne pourra que prendre le lecteur aux tripes, avec ce contexte âpre et violent. Cependant, lassée des références politiques et de l'actualité toujours plus violente qui berce le monde, j'émettrai un léger bémol qui a fait que je n'ai pas autant accroché au roman que je l'aurai pu, même si le récit en lui-même n'a rien à y voir. 
Je remercie chaleureusement les Éditions Robert Laffont et surtout toute l'équipe de la Collection La bête noire de leur confiance.

 

La bête noire

 

Signature