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WALLACH Tommy - "Si c'est la fin du monde".

480 pages.

Éditions Nathan (2016).

« Et si une météorite avait deux chances sur trois… de faire exploser la Terre dans deux mois ? Alors que la fin de la terminale approche pour Peter, Anita, Andy et Eliza, une météorite apparaît dans le ciel : elle a deux chances sur trois de percuter et faire exploser la Terre deux mois plus tard. Tout à coup, l’avenir n’a plus la même importance… L’anarchie s’installe peu à peu : violence et pillages se multiplient, beaucoup arrêtent de travailler, la nourriture commence à manquer.
Les quatre adolescents doivent décider maintenant ce qu’ils feront du reste de leur vie, et peut-être, paradoxalement, en profiter pour être enfin libres et heureux, même pour peu de temps…
»
INCIPIT: ""Ce n'est pas la fin du monde", déclara Stacy."   

2 - Passable

 

Le postulat de départ du roman est dans son titre, et si c'était la fin du monde. Sans la désirer, chacun d'entre nous a bien imaginé au moins une fois - suite à une lecture, un film, une discussion, une pensée - ce qu'il se passerait dans ce cas-là. Mon opinion est faite, et ça ne serait probablement pas tout rose. Sachant que l'homme est un loup pour l'homme, je crois que Tommy Wallach n'est pas loin de cette réalité.

En lisant ce roman apocalyptique, le lecteur ne peut s'empêcher de se remémorer U4, série au concept pour le moins original - retrouvez mes avis sur "Yannis" et "Stéphane" - même si cette vision de fin du monde n'a pas la même origine. Dans cette histoire, le lecteur suit l'évolution de quatre adolescents, un brin stéréotypés, confrontés à cette perspective: Peter le sportif, Anita l'intello de service, Andy le mauvais garçon, et Eliza la fille facile. Tous d'univers différents, chacun envisage les choses à son niveau, planifie le reste de sa vie (du moins les deux prochains mois) et surtout prend conscience, à sa façon, que rien n'est éternel. Carpe Diem.

Tommy Wallach instaure progressivement la fin du monde, et effectivement cela n'en a pas que le nom. La violence va en augmentant, entre agressions et casses, tout est en cours de destruction. La pression monte avec régularité, les gangs prennent le pouvoir et chacun envisage sa mort de façon plus ou moins différente. Mais il manque quelque chose, un peu plus d'action peut-être. L'étude psychologique de nos quatre héros, ça va bien 5 minutes. Au fil de la lecture, le lecteur se rend compte alors que l'auteur n'a pas placé son récit sur la fin du monde en tant que telle, mais plutôt sur les réactions et les choix d'adolescents types, face à une fin imminente. 

Par contre, certaines réactions sont juste énervantes, le lecteur a par moment, une irrésistible envie de coller une soufflante à certains protagonistes. A part ça, tout va bien. Un autre point qui interroge est le stoïcisme des personnages face à l'approche de l'astéroïde Ardor - ben oui, elle a un nom, l'Homme a besoin de nommer toutes choses. Le dénouement manque un peu d'intensité, et laisse le lecteur sur sa faim. C'est le moins que l'on puisse dire.

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C'est un roman qui laisse le lecteur insatisfait, avec des personnages un peu trop clichés et un rythme plutôt lent finalement, malgré l'approche imminente de l'astéroïde. "Si c'est le fin du monde" s'adresse vraiment davantage à un lectorat adolescent qui sera davantage intéressé par les sentiments et réactions de personnages pour lesquels il ressentira une certaine empathie. Néanmoins, la question profonde reste posée, comment réagiriez-vous face à cette situation?
Je remercie les Éditions Nathan de leur confiance.

 

Nathan

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