Causse

CAUSSE Manu - "La 2CV verte".

300 pages.

Éditions Denoël (2016).

« Isaac est un petit garçon vide. Un corps, des yeux, mais rien à l'intérieur. Il ne parle pas - sauf quand il hurle. Ses parents se sont détruits peu à peu à coups d'amertume et de culpabilité. Éric, le père, est épuisé et désemparé. Jusqu'au jour où il hérite d'une vieille 2 CV - une 2 CV verte. Et quand Isaac la voit, quelque chose change. Tout s'emballe : le père décide d'enlever son fils de la clinique et de partir à l'aventure au volant de la 2 CV. Aidés par une adolescente lunatique, traqués par un gendarme amateur de champignons et accompagnés d'un chaton bavard et arrogant, le père et le fils nous plongent dans un conte initiatique tendre et loufoque.»

INCIPIT: "Le petit regarde la carpe."   

4 - Passable

"La 2 CV verte" est un roman d'apprentissage d'un père pour son fils Isaac, semblable à une coquille vide. L'élément déclencheur - et pour le moins étonnant - de toute cette histoire, est une 2CV verte. Et c'est parti pour un road trip assez déconcertant!

Le père, Éric, se pose dès le début du récit, en anti-héros, un brin loser, qui a abandonné son fils à la garde de sa femme - plutôt terrible d'ailleurs - par lâcheté et facilité.  L'enfant sert de faire-valoir à son père, véritable personnage principal de cette virée fantaisiste. 

Étonnamment, a aucun moment, le lecteur n'a de véritable écho d'Isaac. Tout passe par son père et son ressenti. La psychologie de ce dernier est intéressante et crédible, mais le lecteur a beaucoup de mal à ressentir une quelconque empathie pour lui, et le personnage d'Isaac est trop vide également pour cela.

Ces deux personnages sont entourés de protagonistes secondaires atypiques et hauts en couleur, comme le gendarme cueilleur de champignons; un chaton plutôt bavard, une adolescente un peu fêlée... Cette histoire d'amour filiale, d'incommunicabilité générationnelle est ponctuée de moments d'humour, d'émotions fortes, 

Le style de Manu Causse est assez étrange, dans la construction des phrases, dans la façon de nommer les personnages, ou encore dans le décalage causé par la familiarité qui ne correspond pas au ton du récit, et du coup à l'attente du lecteur. C'est assez déstabilisant et crée une distance avec l'attachement que l'on peut avoir vis à vis de cette quête de pardon, finalement.

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Ce conte un brin déjanté, est construit de façon originale et tendre, mais certains éléments - dont certains sont trop stéréotypés ou d'autres pas assez approfondis - empêche le lecteur d'adhérer totalement à cette histoire.
Je remercie chaleureusement les Éditions Denoël pour cette belle découverte.

denoel

 

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