Musson

MUSSON Pierre-Etienne - "Un si joli mois d’août".

434 pages.

Éditions Denoël (2016).

« Août 1914, la déclaration de guerre vient bouleverser le quotidien tranquille des villageois de Nouan-le-Fuzelier en Sologne. Antoine Richerand, l’instituteur, part pour le front, laissant derrière lui Inès, sa ravissante épouse. Au printemps 1915, grièvement blessé par un éclat d’obus, Antoine est hospitalisé à Paris. Inès lui rend visite régulièrement, s’efforçant de tenir son rôle d’épouse aimante, mais elle découvre un homme transformé, traumatisé par son expérience de la guerre, entre prostration et accès de violence. Exténuée par ses voyages incessants, consciente que l’avenir espéré avec Antoine est désormais impossible, Inès se met à rêver d’une autre vie… Un jour sur les quais de Seine, elle fait la connaissance d’Isidore Lambiot, un vieux garçon un peu excentrique. Ému par la détresse de la jeune femme, il lui propose son aide. Dès lors, Inès va devoir choisir…»

INCIPIT: "Antoine, voyons, qu'est-ce qui te prend? Un peu de tenue tout de même!"   

4 - Passable

Ce roman couvre la période de la première guerre mondiale, dont il retranscrit parfaitement l'atmosphère d'angoisse, dans les foyers, mais également sur le champs de bataille; le détail de la vie quotidienne; l'époque. Malgré quelques longueurs, les lecteurs amateurs de cette période historique seront ravis. Ceux férus de psychologie, le seront également.

Cet évènement historique a brisé de nombreux foyers, des familles entières ont été décimées, et l'auteur, Pierre-Etienne Musson; maîtrise parfaitement son sujet. Mais également la psychologie des personnages, notamment le personnage principal: Inès Baronnet. Le lecteur en découvrant ce portait de femme, ne peut s'empêcher de penser à Emma Bovary. Elles se ressemblent mais sont pourtant différentes, un peu comme deux soeurs qui ont un air de famille.

Inès, est une jeune femme, qui se sait belle; et tombe amoureuse d'un beau et brillant instituteur: Antoine. Seulement, la guerre arrive, et la jeune femme se retrouve livrée à ses incertitudes et ses angoisses, comme toutes les françaises, qui ont un mari, un fils, un frère, engagé dans ce combat.

La guerre fait rage et le combat s'enlise en une guerre des tranchées. Les soldats luttent pour quelques mètres de gagnés, qu'ils reperdront dans la soirée. La vie harassante de soldat, le manque d'hygiène, de confort et de sommeil sapent rapidement le moral des troupes, de même que les horreurs auxquelles ils assistent quotidiennement. Puis Antoine est hospitalisé. Il est à Paris, blessé gravement au visage, il est sain et sauf. Malgré un handicap physique sévère, la jeune mariée reprend espoir. Un espoir qui va rapidement retombé comme un soufflé.

Antoine comme, des milliers d'autres hommes - et beaucoup de ceux présents dans ce roman - est une victime, et son calvaire, malgré ce que le lecteur peut croire est loin d'être fini. Quant à sa femme, le lecteur prend d'abord pitié face aux adversités qu'elle traverse, puis, petit à petit, il prend toute la mesure de son attitude...

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Au travers d'une période historique parfaitement dépeinte, l'auteur narre l'éclatement d'un couple déchiré par des évènements qu'il ne peut maîtrisé. Emporté par la vie, chacun sauve ce qu'il peut, et se protège.
CITATIONS: "Antoine, comme tout le monde du reste, avait pris l'habitude de noyer ses terreurs dans des litres d'alcool, (...)Une rasade pour se réchauffer, une lampée pour passer le temps, un coup pour se donner un courage, un cul sec pour oublier, une gorgée pour s'endormir, un gargarisme pour se réveiller et se remettre d'aplomb pour les heures à venir."
"Quel réconfort que quelques heures de mauvais sommeil dans une fosse commune, entouré d'autres vivants déjà aussi morts que lui."
Je remercie chaleureusement les Éditions Denoël pour cette belle découverte.

denoel

 

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