Binet

BINET Laurent - "La septième fonction du langage"

496 pages.

Éditions Grasset (2015).

«A Bologne, il couche avec Bianca dans un amphithéâtre du XVIIe et il échappe à un attentat à la bombe. Ici, il manque de se faire poignarder dans une bibliothèque de nuit par un philosophe du langage et il assiste à une scène de levrette plus ou moins mythologique sur une photocopieuse. Il a rencontré Giscard à l’Elysée, a croisé Foucault dans un sauna gay, a participé à une poursuite en voiture à l’issue de laquelle il a échappé à une tentative d’assassinat, a vu un homme en tuer un autre avec un parapluie empoisonné, a découvert une société secrète où on coupe les doigts des perdants, a traversé l’Atlantique pour récupérer un mystérieux document. Il a vécu en quelques mois plus d’événements extraordinaires qu’il aurait pensé en vivre durant toute sa vie. Simon sait reconnaître du romanesque quand il en rencontre. Il repense aux surnuméraires d’Umberto Eco. Il tire sur le joint. »
Le point de départ de ce roman est la mort de Roland Barthes, renversé par une camionnette de blanchisserie le 25 février 1980. L'hypothèse est qu'il s'agit d'un assassinat. Dans les milieux intellectuels et politiques de l'époque, tout le monde est suspect...
»
INCIPIT: "La vie n'est pas un roman."   

6 - Bon moment de lecture

De formation linguistique, j'ai bien sûr été attirée par le titre du roman, et ce qu'il laissait entendre de son contenu, mais aussi par les très bonnes critiques que j'ai aperçu de ci de là.  Bien sûr, j'ai lu du Roland Barthes à université, de même que du Umberto Eco. Laurent Binet part du postulat que l'accident de Roland Barthes est un assassinat sur fond de complot politique.

L'auteur profite de l'investigation que cela entraîne, menée par un duo tout à fait mal assorti - Bayard le flic intuitif et un peu lourdo sur les bords et le jeune  universitaire coincé - pour faire découvrir au lecteur l'intelligentia des années 80. On rencontre une palanquée d'intellectuels et autres célébrités, des politiques comme Giscard, Mitterand, Rocard; des écrivains comme Eco, Foucault, BHL,Sollers (le pauvre...), Kristeva, etc.

C'est un roman intelligent, qui ne se laisse pas apprivoisé par le premier venu. L'aspect linguistique pur, peut paraître peut-être un peu ardu pour les non-initiés, mais par l'intermédiaire de Bayard, l'auteur se met à la portée de tous. Il y a de nombreuses références littéraires et quelques scènes de cul mythiques voire mythologique .

L'enquête en elle-même est un peu bancale, voire sans fondement 'au départ), car le mobile semble inexistant, car l'objet du délit l'est également. C'est tordu mais pour qui a lu le roman, cela reste compréhensible, pour les autres c'est une façon d'éviter les spoilers. Le style de l'auteur se calque sur les progressions de l'investigation, c'est-à-dire saccadé, et irrégulier. Certaines questions, une fois le roman refermé reste un peu en suspend, même si elles sont tout à fait secondaires (comme la présence inopinée et heureuse d'une certaine agente de l'Est). De même que certains actes aux aboutissants totalement décalés.

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Ce roman intelligent et déconcertant est innovant, et fourmille d'informations. Cette façon de détourner un évènement mineur de l'Histoire pour en faire une quête totalement improbable et burlesque est intéressante et loufoque. Par contre le roman risque de ne pas captiver le plus grand nombre par sa spécificité et son érudition Ayant lu quelques remarques sur un autre roman de Laurent Binet "HHhH", je pense lire ce dernier pour me faire une réelle opinion de l'auteur.
Je remercie les Editions Grasset via NetGalley  pour leur confiance.
CITATION: "A venir."

 

 

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