Fitzgerald

FITZGERALD Francis Scott - "Gatsby le Magnifique"

223 pages.

Éditions Le livre de poche (1987).

«Dans le Long Island des années vingt, la fête est bruyante et la boisson abondante. Surtout chez Jay Gatsby. Aventurier au passé obscur, artiste remarquable par sa capacité à se créer un personnage de toute pièce, Gatsby, figure solaire par son rayonnement, lunaire par le mystère qu'il génère, est réputé pour les soirées qu'il donne dans sa somptueuse propriété. L'opulence, de même que la superficialité des conversations et des relations humaines, semblent ne pas y avoir de limites. C'est pourquoi l'illusion ne peut être qu'éphémère.
Parmi les invités de cet hôte étrange se trouve Nick Carraway, observateur lucide qui seul parvient à déceler une certaine grandeur chez Gatsby, incarnation de multiples promesses avortées. Ce roman visuel qui se décline dans des tons d'or, de cuivre et d'azur, s'impose également comme la chronique d'une certaine époque vouée, telle la fête qui porte en elle son lendemain, à n'être magnifique que le temps d'un air de jazz.
»
INCIPIT: "Quand j'étais plus jeune, ce qui veut dire plus vulnérable, mon père me donna un conseil que je ne cesse de retourner dans mon esprit: "Quand tu auras envie de critiquer quelqu'un, songe que tout le monde n'a pas joui des mêmes avantages que toi.""   

8 - Pur délire

J'ai lu ce roman il y a plusieurs semaines déjà, mais je l'ai tellement aimé que je m'en souviens comme si c'était hier. C'est à l'occasion de la diffusion du film de Baz Luhrmann, avec dans le rôle titre Léonardo Di Caprio, que sur une impulsion, j'ai ouvert le livre. Roman le plus connu de Francis Scott Fitzgerald, icône de la Génération perdue, il faut surtout ne pas passer à côté.

Nick Carraway est le narrateur de cet épisode d'une vie, où l'on se dit: "Je vis un moment important, et même en tant que spectateur, il me faut être attentif". Dans sa structure, le roman est assez classique, l'auteur utilise un personnage-narrateur, faire-valoir du héros et témoin de sa vie si exceptionnelle. Cela ne décrédibilise pas pour autant l'histoire, au contraire. Des différents personnages qui participent au récit, le lecteur ne peut s'empêcher de prendre parti, cela signifie alors qu'il est ferré. Tout simplement génial!

Le roman est éponyme, et ce n'est pas pour rien. Le personnage de Gatsby est central, essentiel, magnétique. Il capte l'attention de tous et de tout. Il est  le moteur de ce tout: le destin que lui a tracé F. S. Fitzgerald. Jay Gatsby est un homme d'une richesse extravagante, que tout le monde fréquente, mais que personne ne connaît vraiment. De nombreuses rumeurs courent sur lui.

Voisin mystérieux et énigmatique du narrateur, il est également épris à la folie de la cousine de ce dernier: Daisy, mariée au richissime Tom Buchanan, lui-même l'amant de Myrtle, la femme du garagiste. Pathétique. Buchanan est exécrable, peut-être parce qu'il fait obstacle au bonheur des deux héros, ou tout simplement parce qu'il l'est réellement, exécrable. Quant à sa maîtresse, seule une once de pitié peut décrire ce que le lecteur ressent à son contact.

Mais, il ne faut pas croire qu'ici l'amour soit le thème central du roman. L'auteur n'est pas un romantique, l'amour ça se vit, ça fait mal, ça se perd. Non, le coeur de cet univers des années folles c'est l'argent qui permet d'accéder à l'insouciance après la violence de la guerre. Et l'argent, Jay Gatsby en a, à ne plus savoir qu'en faire, à part le dépenser à l'occasion de soirées fastueuses. L'auteur décrit d'ailleurs avec magnificence cette période des années 20, que le pauvre petit lecteur derrière son écran de papier, rêverait pour un instant de côtoyer.

Au delà d'une peinture des moeurs de cette époque, Gatsby le magnifique est surtout tragique. Le faste faisant ressortir avec encore plus d'éclat la solitude, la tristesse et la mort. Le dénouement est accablant - mais nécessaire. Il est difficile de vivre dans un rêve, surtout quand le destin s'en mêle. La fin est poignante et triste, et fait ressortir avec encore plus de vigueur le pouvoir de l'argent.

étoileétoileétoileétoileétoileétoileétoileétoileétoile

 

Le roman est court, beaucoup trop à mon goût, et mériterait des développements sur certains points. L'auteur ne fait qu'effleuré les choses, comme s'il ne voulait pas les influencer et laisser au lecteur sa part d'imagination, qui sait. Une oeuvre intense à lire absolument
CITATIONS: "Chacun de nous soupçonne qu'il possède pour le moins une des vertus cardinales, et voici la mienne: je suis un des rares hommes honnêtes que j'ai jamais connus."
"Je crois que c'est cette voix surtout qui le tenait, par sa chaleur  changeante et fievreuse, parce que nul rêve ne pouvait lui être supérieur - cette voix était un chant immortel."
"On ne fait pas revivre le passé? s'écria Gatsby incrédule. Mais bien sûr que si!"
"Il savait qu'une fois qu'il aurait donné un baiser à cette jeune fille et marié à jamais ses indicibles visions à son  souffle périssable, son esprit d'homme ne s'ébattrait plus jamais comme l'esprit d'un dieu. Il attendit donc, tendant l'oreille un instant de plus au diapason dont quelqu'un venait de heurter un astre. Puis il l'embrassa. Au contact de ses lèvres, elle s'épanouit pour lui comme une fleur, et l'incarnation fut complète."

 

Back to school

Signature