Harmon

HARMON Amy - "Nos faces cachées".

437 pages.

Éditions Robert Laffont - R (2015).

« Ambrose Young est beau comme un dieu. Le genre de physique que l'on retrouve en couverture des romances. Et Fern Taylor en connaît un rayon, elle en lit depuis ses treize ans. Mais peut-être parce qu'il est si beau, Ambrose demeure inaccessible pour une fille comme elle. Jusqu'à ce qu'il cesse de l'être... Nos faces cachées est l'histoire de cinq amis qui partent à la guerre. L'histoire d'amour d'une jeune fille pour un garçon brisé, d'un guerrier pour une fille ordinaire. L'histoire d'une amitié profonde, d'un héroïsme du quotidien bouleversant. Un conte moderne qui vous rappellera qu'il existe un peu de Belle et un peu de Bête en chacun de nous...»

INCIPIT: "Les Grecs croyaient qu'après la mort - toutes les âmes, bonnes ou mauvaises, se rendaient dans le royaume souterrain, gouverné par Hadès, et y demeuraient pour l'éternité, lit Bailey à haute voix."   

6 - Bon moment de lecture

 

L'engouement autour de ce roman, a fait que j'étais un peu réticente à le lire. Trop de trop bon, tue le bon; et le lecteur s'attend à être transporter dans un autre monde et à prendre une grosse claque. La couverture, comme la grande majorité de celle de la Collection R est, belle, du moins le mec est très beau, avec ce rendu plus tragique de la pose du penseur, grâce à l'utilisation d'une image monochrome. J'ai lu que certains sans même avoir lu le récit, l'avait classé comme érotique et non YA. Hors il n'y a aucune scène qui ne soit pas lisible par un(e) adolescent(e) de 12 ans. Et c'est même une frustration pour certain(e)s, que cette pudeur, mais en même temps l'auteur est américaine, et la chasteté est souvent prônée jusqu'au mariage, cqfd.

Pour en revenir à "Nos faces cachées", il y a de beaux personnages principaux, emplis d'émotions, de complexité et d'amour, surtout Fern, héroïne du roman et fille de pasteur. Son cousin, Bailey est le second personnage fort du roman, atteint de la maladie de duchenne, il est charismatique et drôle. Un petit bémol concernant Ambrose, le beau gosse de l'histoire. Ce représentant masculin dans toute sa splendeur ne semble pas avoir les hormones qui vont avec. Il n'est pas assez rebelle, coureur ou je ne sais quoi encore, choses auxquelles le lecteur s'attend un peu pour un lycéen de cette envergure. Il est trop respectueux, voire même presque prude. Et lorsqu'il se décide enfin a arraché un baiser, la scène est un rien bancale. 

Le fond de l'histoire est le véritable atout de ce roman. Le récit est axé sur Fern, mais d'autres personnages tournent autour, et des sujets, certains durs d'autres tendres, sont abordés comme l'alcoolisme, la violence conjugale, mais surtout le handicap, la guerre, la mort, l'amitié, la beauté. Amy Harmon aborde aussi les évènements du 11 septembre, c'est la première fois que je vois cette période de l'Histoire abordé dans un roman YA. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il y a matière à discuter dans ce livre. 

Beaucoup de critiques parlent de "coup de coeur", ou de "déferlement d'émotions". Effectivement, certaines situations sont tellement fortes, par leur injustice, leur douleur que le lecteur est obligé d'avoir un pincement, une réaction face à cette situation, mais de là à sortir le mouchoir toutes les deux pages...

Ce n'est pas un coup de coeur pour deux raisons, d'une part le personnage d'Ambrose est trop lisse, trop blanc, voire passif alors que le lecteur s'attendrait à un gars plein de testostérone et davantage de pep's, sans pour autant lui enlever sa sensibilité qui rend le personnage crédible. La seconde raison, est que la deuxième partie du roman, même si elle est plus complexe, plus sombre aussi, est sans réelle surprise - à part les circonstances d'un évènement tragique. L'évolution des relations entre les personnages est trop clichée, attendue et trop pleine de bons sentiments. La forme est un peu moins satisfaisante que le fond. Malgré une plume fluide, et un humour léger qui fait sourire, le style est plutôt plat et figé, comme les évènements qui se succèdent sans réel rebondissement ou un peu de suspense.

 

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Malgré un dénouement prévisible, les personnages sont très attachants, et les sujets traités - même s'ils sont durs - le sont avec finesse.
Je remercie chaleureusement les Editions Robert Laffont et la Collection R pour cette belle découverte.

 

R

 

 

Challenge ABC 2015

 

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