Fermine

 FERMINE Maxence  - Le palais des ombres.

363 pages.

Éditions Michel Lafon (2014).

« Paris, dans les années 1960. Nathan Thanner, trentenaire taciturne et discret qui ne vit que pour ses marionnettes confectionnées dans le secret de sa boutique, voit sa vie bouleversée par une lettre de son père auquel il ne parle plus depuis vingt ans. Cet ex-romancier à succès, dont la rumeur veut qu’il soit devenu fou, lui annonce son décès et l’héritage qu’il lui lègue : l’énigmatique maison où il vivait reclus, Le Palais des Ombres. Mais, même dans la mort, Hugo Thanner reste un être fuyant et mystérieux, à l’image de cette demeure diabolique qui semble se jouer de Nathan. Commence alors pour le jeune homme un inquiétant jeu de pistes dont l’issue pourrait le changer à jamais…»
INCIPIT: "Je crois me souvenir que tout à commencer par l'arrivée d'une lettre."   

3 - Bon moment de lecture

 

Grâce à l'opération Masse critique organisée par Babelio, j'ai été très heureuse de recevoir (^^) ce partenariat, et remercie chaleureusement les Éditions Michel Lafonainsi que Babelio. Je connais cet auteur pour avoir déjà lu de lui "Neige", qui est plein de poésie et de aïkus, mais attention, il ne faut pas s'attendre à de la douceur et de la contemplation dans cet ouvrage-ci. Rien que le titre et la couverture du roman plongent immédiatement le lecteur dans une ambiance mystérieuse voire angoissante.

Dès les premières pages, cette atmosphère fait invariablement penser à celle qui se dégage de la trilogie  de Carlos Ruiz Zafon, "le cimetière des livres oubliés", dont je dois lire le dernier tome prochainement. 

Le palais des ombres, est une demeure gothique et étrange dont doit hériter le héros, sous certaines conditions, bien sûr. Rapidement, ce lieu, tout proche du cimetière du Père-Lachaise, devient un personnage à part entière du roman, avec une vie propre. De plus, ce manoir a la mauvaise réputation d'être hanté par ses précédents propriétaires, tous morts de façon violente et mystérieuse.

La plume de l'auteur, fluide et agréable à lire, utilise le registre des contes et les images récurrentes d'un bestiaire angoissant pour décrire le palais des ombres; entre les chouettes, les gargouilles, les bruits insolites et les faux-semblants, Maxence Fermine joue avec les nerfs du lecteur de façon presque sadique.

Malgré la frayeur que le héros, ressent vis-à-vis de ce lieu, il n'en est pas moins attiré malgré lui; par une curiosité un peu morbide il faut bien l'avouer, mais aussi pour comprendre son père, et par ce biais son passé. Ce marionnettiste plutôt discret, tel Faust, va devoir se lancer dans une sombre quête, pour le compte d'un éditeur plutôt énigmatique.

Durant tout le récit, le lecteur va accompagné Nathan dans cette quête, pleine de mystères et de faux-semblants, de détours et de secrets, menés de main de maître par l'auteur, pour découvrir la sombre vérité de son histoire familiale, et peut-être en ressortir plus fort. 

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Même si quelques frayeurs supplémentaires n'auraient pas été de trop, de même qu'un dénouement un peu plus "mystérieux", l'atmosphère dégagée par ce roman est toute simplement ténébreuse et attirante, et le lecteur a envie, une nouvelle fois de pousser la porte du Palais des ombres. 
CITATIONS: "L'homme fait des projets, et Dieu rit."
"Une rafale de vent s'engouffra dans l'allée du cimetière et balaya tout sur son passage, la poussière, comme les mots et les souvenirs."
"Je crois que l'amour n'est qu'un miroir dans lequel se reflète l'admiration qu'on porte à un être cher..."
"La vie est bien étrange, songeai-je, dire que de l'amour à la mort, il n'y a que deux lettres qui changent..."
Je remercie Babelio et les Editions Michel Lafon de leur confiance.

babelio    Lafon

RL2014

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