Bauermeister

           4ème de couv.

Un jour, la petite Lillian se lance un défi fou : si elle parvient à sortir sa mère, qui vit coupée du monde, de son chagrin en cuisinant, elle consacrera son existence à la gastronomie. La magie d'un bon cacao aux épices opère et, une vingtaine d'années plus tard, Lillian anime tous les premiers lundis du mois un atelier de cuisine dans son restaurant. L'Ecole des saveurs réunit des élèves de tous horizons. De l'automne au printemps, ils vont partager tentatives culinaires et aspirations cachées, découvrir la force insoupçonnée des parfums et des épices, capables par leur douceur ou leur piquant d'éveiller des ardeurs inconnues et de guérir des peines anciennes... Sensuel et savoureux, ce roman culinaire fait la part belle aux cinq sens, et dépeint avec justesse la passion et la patience de ceux qui comprennent le langage secret de la cuisine.

          Première phrase.

"Le moment que préférait Lillian, c'était juste avant d'allumer la lumière."

          Citations.

"Quelquefois, niña, nos plus grands talents naissent de ce qui ne nous est pas donné."

"(...) l'établissement semblait étrangement déplacé, parenthèse de couleurs luxuriantes et de courbes mouvantes et souples, telle une liaison amoureuse au milieu d'une vie bien rangée."

"Le mariage, reprit-il, est un acte de foi, un saut dans l'inconnu. Chacun sert de filet de sécurité à l'autre."

"Elle ne s'était pas rendue compte à quel point  lui manquait  tout ce que cette pièce et cette table en bois usée par les ans représentaient pour elle; une vie où les mots roulaient sur la langue comme des caresses, où les maisons nourrissaient le cœur autant que les yeux."

"Elle ne s'était pas attendue à ce que les bulles lui montent au nez de cette façon, comme des petits enfants qui pouffent de rire."

          Lilly's feeling.

Ce petit roman fait chaud au coeur et au ventre. Je n'ai pu m'empêcher en le lisant de le rapprocher du "Parfum" de Süskind. Pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas - même de nom - c'est un beau roman olfactif que j'ai lu au collège et qui m'a marqué, tellement les mots avaient une odeur. 

Avec "L'école des saveurs" - d'ailleurs comme "Chocolat" de Joanne Harris - ce roman culinaire est réconfortant et fait replonger le lecteur dans des souvenirs d'enfance. J'ai d'ailleurs fait plusieurs fois l'expérience de sentir une odeur qui faisait resurgir un souvenir. C'est le cas ici. Lillian a ce pouvoir qu'elle utilise comme une guérisseuse d'un moment de la vie. C'est un récit plein de bons sentiments et de partage; la cuisine est un moment de partage surtout comme notre héroïne la conçoit.

Erica Bauermeister a un style très agréable à lire, qui donne toute son ampleur à l'histoire, et l'eau à la bouche du lecteur. Ça c'est un tour de force qui n'est pas donné à tout le monde. Rien que pour voir comment l'auteur donne vie à une tomate, il faut lire ce récit sensoriel. ^^

Certains pourraient même trouver que le roman tire trop sur la mièvrerie, mais le lecteur ne s'attend pas à des drames en tournant les pages, peut-être de la nostagie voire de la mélancolie; en tout cas des descriptions de plats et d'ingrédients (cf. une certaine tomate...) qu'il aurait l'impression de déguster.

          En bref.

Un roman que l'on referme rassasié et contenté. Il ne boulversera pas votre vie mais vous en ressortirez avec du baume au coeur.

          Note          étoileétoileétoileétoileétoileétoileétoileétoile

          Pour en savoir plus l'auteur et le livre.

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