Murakami

          4ème de couv.
K. est amoureux de Sumire, mais celle-ci n’a que deux passions : la littérature et Miu, une mystérieuse femme mariée. Au sein de ce triangle amoureux, chaque amant est un satellite autonome et triste, et gravite sur l'orbite de la solitude. Jusqu'au jour où Sumire disparaît... Les Amants du Spoutnik bascule alors dans une atmosphère proprement fantastique où l’extrême concision de Murakami cisèle, de façon toujours plus profonde, le mystère insondable de l’amour.

          Première phrase.

"Au printemps de sa vingt-deuxième année, Sumire tomba amoureuse pour la première fois de sa vie."

          Citations.

"Si on inventait une voiture, qui utilise des blagues à deux balles comme combustibles, tu irais loin, je t'assure."

"Elle élargissait les limites du monde où je vivais, m'aidait à respirer plus profondément. Personne d'autre ne me faisait cet effet."

"Son soupir eut la force du vent soufflant au bord même du monde."

"Le plus important ici, murmurais-je pour moi-même, ce ne sont pas les grandes idées d'autrui, mais tes petites idées à toi."

"Quand je levai la tête pour regarder le ciel, la surface tourmentée de la lune me parut étonnamment proche. C'était une boule de pierre, à la peau rongée par l'impitoyable passage du temps."

"Chacun d'entre nous a connu un évènement particulier destiné à se dérouler à une certaine période de son existence, et une seule fois, comme une petite flamme venue l'éclairer. Ceux qui sont attentifs et qui ont de la chance gardent précieusement ces moments en eux, les font grandir, les utilisent telles des torches pour illuminer leur vie tout entière. Mais une fois perdue, cette flamme ne peut plus jamais être retrouvée."

          Lilly's feeling.
Dans ce court roman d'Haruki Murakami, ma troisième lecture de cet auteur, je me suis une fois encore laissée prendre à son art. Sa plume est toujours aussi fine, poétique et onirique. A chacune de mes lectures je suis fascinée par cette capacité qu'il a à créer une atmosphère si particulière, si étrange et délicate; toujours japonisante comme je la nomme.

L'univers qui se dévoile devant les yeux du lecteur est habituel à l'auteur, à la fois étrange et mystérieux. Il laisse une part d'ombre qui permet au lecteur d'interpreter les évènements en fonction de son ressenti et de sa sensibilité. Mais il n'y a aucune confirmation que ce que l'on pense est juste ou non; et c'est très déstabilisant pour ceux qui aime bien avoir des faits avérés lorsqu'ils lisent un roman. Dommage, vous n'avez pas choisi le bon auteur pour cela. 

Les personnages sont finement ciselés psychologiquement même si physiquement l'auteur laisse, plus ou moins, de liberté au lecteur. Par contre encore une fois, tous sont très solitaires malgré la vie active qu'ils mènent et les gens qu'ils côtoient. C'est un thème récurrent dans ses romans. Ce n'est pas le narrateur le personnage le plus important de ce récit, mais plutôt Sumire, cette étrange jeune femme, solitaire, aux idées tranchées. K n'est là qu'en tant qu'observateur pour rapporter au lecteur les faits auxquels il a été mêlé. Il est une sorte de référent masculin.

Le dénouement est assez étrange et doit laissé dubitatif bien des lecteurs qui n'ont jamais lu Murakami, ni surtout 1Q84. Cette trilogie éclaire d'un jour particulier la toute fin du roman. Mais je n'en dit pas plus pour éviter tout spoiler, même subtil. Car c'est une idée subtile qui est développée là, voir volatile même...

Remarque n°1: la présence de la lune est loin d'être anodine. Remarque n°2: ce roman m'a donné envie d'être déjà au coeur du printemps avec le soleil qui chauffe, les fleurs, les abeilles i tutti quanti... 

          En bref.

Un roman dans la lignée des précédents récits que j'ai lu, toujours aussi déstabilisant mais captivant. Peut-être une esquisse d'1Q84...

          Note          étoileétoileétoileétoileétoileétoileétoileétoile

          Pour en savoir plus sur l'auteur et sur le livre.

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