Murakami

          4ème de couv.

Ils ne le savaient pas alors, mais c'était là l'unique lieu parfait en ce monde. Un lieu totalement isolé et le seul pourtant à n'être pas aux couleurs de la solitude. Le livre 3 fait entendre une nouvelle voix, celle d'Ushikawa. Et pose d'autres questions : quel est ce père qui sans cesse revient frapper à notre porte ? La réalité est-elle jamais véritable ? Et le temps, cette illusion, à jamais perdu ? Sous les deux lunes de 1Q84, Aomamé et Tengo ne sont plus seuls...

          Première phrase.

"Pourriez-vous vous abstenir de fumer, monsieur Ushikawa?" dit l'homme le plus petit."

          Citations.

"Il préférerait éviter cette mésaventure. Même si fatalement la mort le saisirait un jour, il souhaitait disparaître d'une manière un peu plus douce."

"- Et pourquoi pas A la recherche du temps perdu de Proust? demanda Tamaru. Si vous ne l'avez jamais lu, ce serait l'occasion rêvée.

- Est-ce que vous l'avez lu, vous?

- Non. Je ne suis jamais allé en prison. Je n'ai jamais dû resté cacher longtemps. Quelqu'un a dit qu'en dehors de ce genre de circonstances, il était difficile de lire ce roman dans son intégralité."

" Là où il y a de l'espoir, forcément, il y a des épreuves."

"Rien. Il restait là, les paupières abaissées sur ses yeux profondément enfoncés. Comme une maison habitée par le malheur dont les volets ont été pesamment descendus."

"Voilà ce que vivre signifie, comprit Aomamé en un éclair. L'espoir est le combustible que les hommes brûlent  pour pouvoir vivre. Impossible de vivre sans espoir."

"Son père avait pris la décision de mourir. Ou du moins, il avait abandonné toute intention de continuer à vivre. Pour emprunter les termes de Kumi Adachi, à la façon de la "feuille d'un arbre", il avait éteint la lumière de sa conscience, fermé la porte de ses sensations, et attendu le changement de saison."

"Cela ne fait rien. Je vous l'offre. Vous pourrez le jeter dans la baie de Tokyo, s'il vous embarrasse. Ainsi le monde aura avancé d'un tout petit pas vers la démilitarisation."

"Des espoirs, semblables à une flamme, toute petite, mais unique, qui leur réchaufferait le coeur. Une flamme minuscule qu'il faudrait protéger du vent. Car les violentes bourrasques de la réalité risquaient de l'éteindre."

          Lilly's feeling.

Intimiste, comme les précédents, ce tome dévoile quand même son jeu en laissant toutefois son lecteur dans une sorte d'attente contemplative. Comme j'ai déjà dû le mentionner dans mes précédentes chroniques sur la trilogie, les chapitres alternent entre les points de vue d'Aomamé & de Tengo. Cependant, dans ce tome s'ajoute celui d'un troisième personnage: Ushikawa, un détective plutôt futé, mais un peu visqueux, déjà rencontré par Tengo précédemment.

En commençant ce troisième opus, après la tension dans laquelle Murakami abandonne son lecteur à la fin du second livre, ce dernier aurait pu s'attendre à repartir sur le même pied... Ben non. La marée a repris son rythme de croisière et la lenteur est de nouveau de mise. Et les questions sont toujours là: les amoureux platonique vont-ils enfin se retrouver? Quel est ce monde étrange nommé 1Q84? Patience!

Les personnages sont observés sous un microscope et décortiqués par l'auteur dans leurs moindres gestes et pensées. Le récit avance lentement, mais sûrement (rassurez-vous, il n'est pas sadique non plus... Quoi que?), les évènements et les détails s'accumulent, des réponses se profilent mais toujours dans ce style si particulier de l'auteur, entre mystère et pureté, entre poésie et crudité. A noter quelques légères et délicates touches d'humour.

Pendant tout le roman pointe l'espoir, léger mais présent. Je m'en suis rendue compte lorsque j'ai recopié les citations que j'avais aimé de ce tome que j'ai préféré au précédent mais ça je ne peux l'expliquer sans en dire trop. Et la fin, ben c'est la fin, mais... est-ce vraiment la fin?

          En bref.

A travers cette oeuvre pleine de pureté et d'onirisme, Haruki Murakami emporte son lecteur dans un monde étrange avec deux lunes. Et il le suit, vers cette fin lente, poétique et inéluctable.

          Note          étoileétoileétoileétoileétoileétoile

          C'est une trilogie: tome précédent "1Q84, livre 2: juillet - septembre".

          Pour en savoir plus sur l'auteur et sur le livre.

          D'autres avis.

livraddict_logo_newc  babelio  Booknode  goodreads

Signature