Jérome

          4ème de couv.

Las de la vie qu'ils mènent à Londres, trois amis décident de prendre des vacances.
Malgré les protestations de leur chien Montmorency, les voilà partis en bateau sur la Tamise, bien résolus à mener une vie saine, heureux de découvrir les charmes de la campagne anglaise. Voilà un paisible voyage qui devient un enchaînement de catastrophes hilarantes...

          Première phrase.

"Nous étions quatre: George, William Samuel Harris, moi-même, et Montmorency."

          Extrait.

"C'est le soir. Vous êtes trempé jusqu'à la moelle, le fond du bateau baigne dans cinq bon centimètres d'eau et tout est humide. Lorsque vous parvenez enfin à dénicher un endroit de la rive moins boueux que les autres, vous y amarrez l'embarcation, vous traînez la tente sur le sol et vous vous mettez à deux pour le dresser.

La toile mouillée est devenue si lourde qu'elle s'effondre sans cesse, vous tombe dessus, s'entortille autour de votre tête et vous rend à moitié fou. Pendant ce temps, la p^luie continue de tomber sans relâche. Il est déjà difficile de dresser une tente par temps sec; lorsqu'il pleut, la tâche se révèle herculéenne. Vous avez l'impression qu'au lieu de vous aider,j votre compagnon s'amuse à faire l'idiot. Car à peine avez-vous réussi à tendre la toile de votre côté qu'il la tire du sien, réduisant ainsi tous vos efforts à néant.

- Et alors? Qu'est-ce que tu fabriques? vous écriez-vous.

- Qu'est-ce que tu fabriques, toi? réplique-t-il, donne donc un peu de mou de ton côté au lieu de fulminer sans cesse!

- Mains ne tire pas comme ça! Tu fais tout de travers, espèce d'âne bâté! vous emportez-vous.

- Pas du tout, c'est toi qui ne donnes pas assez de mou! s'insurge-t-il.

- Je te dis que tu as tout mis de travers! rugissez-vous en éprouvant l'envie soudaine de le prendre au collet.

Là-dessus, dans un geste rageur, vous tirez sur les cordes en arrachant tous les piquets de son côté.

- Ah, le sombre crétin! l'entendez-vous marmonner.

Il tire à son tour, et ce sont vos piquets qui sont à présent arrachés. Vous posez alors votre maillet et vous contournez la tente pour aller lui exprimer votre façon de penser; au même moment, lui aussi contourne la tente du côté opposé au vôtre pour venir vous faire part de son propre point de vue. Vous vous suivez ainsi en parcourant plusieurs cercles complets et en vous abreuvant d'injures jusqu'à ce que la tente s'effondre, vous laissant face à face, de part et d'autre d'un gros tas de toile mouillée. D'une même voix indignée, vous vous exclamez tous les deux:

- Et voilà! Tu as gagné! Qu'est-ce que je t'avais dit?

Sur ces entrefaites, le troisième de la bande - qui a occupé son temps à écoper le fond du bateau, s'est renversé de l'eau à l'intérieur de la manche et a passé dix minutes à jurer comme un charretier - fait son apparition: il veut savoir à quoi vous jouez, nom d'un petit bonhomme, et pourquoi cette fichue tente n'est pas encore montée."

          Lilly's feeling.

L'année dernière, j'ai lu et adoré le livre de Connie Willis "Sans parler du chien", dans lequel l'auteur faisait référence à ce roman de Jérome K. Jérome. Je l'ai donc noté sur mes tablettes, et il est venu naturellement s'insérer à la lettre J, de mon challenge ABC cette année. Voilà pour le contexte de cette lecture.

"Trois hommes dans un bateau" est un roman à l'humour So british! Au début, j'ai été assez surprise par cette façon de voir la vie, du moins de l'exprimer à travers les pages de ce récit. J'imaginais alors ce périple en noir et blanc, type film muet, avec pour personnages centraux Laurel & Hardy en compagnie de Buster Keatton, sans parler du chien. ^^ Notamment lorsque j'ai lu l'extrait ci-dessus, je n'ai pu m'empêcher de rire toute seule, imaginant tout à fait vivre cette situation, même si ça n'a jamais été encore le cas (Touchons du bois. Quoique maintenant, il y a ces petites tentes qui se montent toutes seules en quelques secondes... Ouf!). Hilarant.

Tout au long de cette aventure sur la Tamise, les trois amis et Montmorency vont vivre des situations tout à fait ordinaires, commentées d'un ton sarcastique par cette bande de copains, qui n'est pas habituée à salir leurs blanches mains. Ce périple avec son narrateur à l'humour piquant, devient par moment un peu lourd et redondant. Jérome entre dans des digressions à n'en plus finir, je me souviens particulièrement d'un chien en porcelaine... L'auteur en profite également pour nous faire quelques petits barbants rappels historiques, un peu comme une pub pendant un film. Je n'ai pas trop adhéré.

La fin donne l'impression que l'auteur lui-même commençait à s'ennuyer (ainsi que ses personnages), ou alors qu'il ne savait pas trop comment achever cette aventure.

          En bref.

L'extrait cité ci-dessus restera culte pour moi. Ce roman fait sourire mais Connie Willis a mis la barre haute avec son propre livre. Dommage.

          Note          étoileétoileétoileétoileétoileétoile

          Pour en savoir plus sur l'auteur et sur le livre.

          D'autres avis.

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ABC 2012

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