Anastasiu

          4ème de couv.

L'amour est une arme.
Dans une société souterraine ou toute émotion a été technologiquement éradiquée, Zoe possède un don qu'elle doit à tout prix dissimuler si elle ne veut pas être pourchassée par la dictature en place. 
L'amour lui ouvrira-t-il les portes de sa prison ?
Il y a deux siècles de cela, l'humanité a payé au prix fort ses appétits démesurés lorsque le feu de mille armes nucléaires a littéralement rasé la surface de la planète. Sous terre, au sein de la Communauté, la souffrance et la guerre ne sont plus que de lointains souvenirs : des puces implantées dans le cerveau de ses membres ont permis d'éradiquer enfin toutes ces émotions qui ont bien failli mener les hommes à leur perte.
Lorsque la puce de Zoe, une adolescente technologiquement modifiée, commence à glitcher (bugger), des vagues de sentiments, de pensées personnelles et même une étrange sensation d'identité menacent de la submerger. Zoe le sait, toute anomalie doit être immédiatement signalée à ses Supérieurs et réparée, mais la jeune fille possède un noir secret qui la mènerait à une désactivation définitive si jamais elle se faisait attraper : ses glitches ont éveillé en elle d'incontrôlables pouvoirs télékinésiques...
Sa liberté nouvellement acquise va toutefois lui donner des ailes et, tandis que Zoe lutte pour apprivoiser ce talent dévastateur tout en restant cachée, elle va rencontrer d'autres jeunes Glitchers : Max le métamorphe et Adrien, qui a des visions du futur. Ensemble, ils vont devoir trouver un moyen de se libérer de l'omniprésente Communauté et de rejoindre la Résistance à la surface, sous peine d'être désactivés, voire pire...

          Première phrase.

"Cette fois-ci, hors de question d'être prise au dépourvu."

          Citations.

"L'histoire avec un grand H ne se compose pas de faits objectifs, elle est tissée de contes dont les vainqueurs gavent le peuple pour garder le pouvoir. Et c'est un processus qui s'étire dans le temps. Plus l'évènement s'éloigne, plus il devient facile de réinventer le passé."

"Ils se sont accaparé ce qu'il y a de plus précieux. L'esprit humain."

"L'amour, selon toute logique, ne devrait pas exister. La plus grande anomalie, certains diront le plus grand défaut, du genre humain. Mais c'est surtout sa plus grande beauté (...)."

"Mon petit doigt me dit que tu t'angoisses pour des choses qui échappent à ton contrôle."

          Lilly's feeling.

Merci à la Collection R pour la découverte du premier tome de cette nouvelle dystopie, dans laquelle on entre sans difficulté. Ce genre littéraire très présent ces derniers temps en YA rend le lecteur plus exigeant. L'univers créé est intéressant, à la croisée entre "1984" pour le côté Big Brother, et "le meilleur des mondes" pour la cellule individuelle et le gris ambiant. Il y a néanmoins quelques similitudes avec des romans du type: "Délirium", "Uglies", mais avec un petit bonus que chacun interprétera comme il le sent: les glitcheurs ont des pouvoirs un peu à la X-men. Après cette capacité se justifie... ou pas.

L'héroïne est une adolescente intelligente mais sa découverte des émotions la rend par moment irritante voire idiote. Je m'explique, dès qu'elle est en présence d'un garçon, elle arrête de réfléchir par elle-même, elle devient trop malléable. La relation amoureuse prend ainsi le pas sur l'intrigue et la découverte de cette société. Au début, j'aimais bien le personnage d'Adrien, mystérieux, détaché puis au bout d'un moment je l'aie trouvé crispant, mais ça passera sûrement avec le tome deux. Concernant Max, l'auteur exagère un peu à propos de ses pulsions. Je n'entrerai pas dans les détails ici afin d'éviter de choquer ou de spoiler mais quand même. Bref, Heather Anastasiu aurait pu évité de tomber dans le schéma du triangle amoureux. C'est juste un peu lassant, ou alors pas aussi rapidement car Zoel (ou Zoe pour les intimes) tombe un peu vite dans les bras des garçons malgré son inexpérience. Le retournement est un peu expéditif (ou peut-être facile?).  

L'intrigue se déroule sans trop de surprise.  Tout, dans l'ensemble, est attendu, c'est même parfois un peu gros. Chaque nouveau développement épaissit la trame et apporte de nouvelles interrogations, puis tend progressivement vers une sorte de paranoïa (à qui faire confiance, j'y comprends plus rien!). La scène finale est un peu facile et permet une ouverture pour le second tome.

Un point dans cette trame m'a cependant déplu: la première sortie de Zöel en compagnie d'Adrien. Elle intervient dès les premiers chapitres et cela rend le récit bancal. Puis retour dans la communauté et c'est à partir de là que le lecteur découvre l'environnement de l'héroïne et les personnages. C'est très dommage et je ne comprends absolument pas l'intérêt de cet agencement.

Le style de l'auteur est fluide, un peu bateau, et le présent (même s'il me parait injustifié à certains moments, mais bon en même temps je ne suis pas écrivain) donne un rythme certain au récit.

          En bref.

Même si cette dystopie n'est pas extraordinaire, elle tient ses promesses (malgré un petit point de détail que j'explique plus haut) même si davantage travaillée, elle aurait pu devenir excellente.

          Note          étoileétoileétoileétoileétoile

          C'est une série: le tome suivant "Glitch, tome 2: Résurrection".

          Pour en savoir plus sur l'auteur et sur la série.

          D'autres avis.

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