Olafsdottir

          4ème de couv.

Le jeune Arnljótur va quitter la maison, son frère jumeau autiste, son vieux père octogénaire, et les paysages crépusculaires de laves couvertes de lichens. Sa mère a eu un accident de voiture. Mourante dans le tas de ferraille, elle a trouvé la force de téléphoner aux siens et de donner quelques tranquilles recommandations à son fils qui aura écouté sans s'en rendre compte les dernières paroles d'une mère adorée. Un lien les unissait : le jardin et la serre où elle cultivait une variété rare de Rosa candida à huit pétales. C'est là qu'Arnljótur aura aimé Anna, une amie d'un ami, un petit bout de nuit, et l'aura mise innocemment enceinte. En route pour une ancienne roseraie du continent, avec dans ses bagages deux ou trois boutures de Rosa candida, Arnljótur part sans le savoir à la rencontre d'Anna et de sa petite fille, là-bas, dans un autre éden, oublié du monde et gardé par un moine cinéphile.

          Première phrase.

"Comme je vais quitter le pays e qu'il est difficile de dire quand je reviendrai, mon vieux père de soixante-dix-sept ans veut rendre notre dernier repas mémorable."

          Citations.

"Il ne fait pas de doute non plus que je suis d'une pâleur inquiétante même considérant que de nombreux rouquins ont l'air enfarinés toute leur vie."

"L'incarnation de ma négligence en matière de contraception me regardait en face."

"La nostalgie. Il faut regarder la souffrance dans les yeux pour pouvoir partager celle de ceux qui souffrent."

          Lilly's feeling.

"Rosa Candida" est l'histoire d'une rose à huit pétales; agrémentée d'une ballade en voiture jaune citron dans un pays probablement européen, à une période sûrement proche de la nôtre. Ce roman d'apprentissage emmène le lecteur à destination de l'une des plus belles roseraies du monde.

C'est une promenade toute en douceur et en poésie, accompagnée de personnages très caractéristiques: un jeune héros qui se pose beaucoup de questions, un vieux père apprenti cuisinier, un frère jumeau beau gosse et autiste, une adorable Flora Sol, un moine cinéphile, une généticienne un peu perdue... Le style est impeccable, tout en légèreté et en finesse. La beauté (de la nature notamment) est très présente, et permet au lecteur contemplatif de ressentir des émotions veloutées.

Comme je le dis au début, l'auteur place son histoire dans un endroit mystérieux. Je dis mystérieux, car Audur Ava Ólafsdóttir ne donne que des détails génériques comme trois frontières à traverser (sans préciser lesquelles), un vieux monastère perché (mais où?), des références à des films européens... Cela permet peut-être de laisser plus de latitude à l'imagination du lecteur pour qu'il s'approprie l'histoire. La magie se perd un peu pour moi au décollage de l'avion jusqu'à la rencontre avec la voiture jaune citron.^^ Mais ce n'est que moi.

Je me suis interrogée sur ce narrateur "mon petit Lobbi" comme dit son père, un jeune homme roux de 22 ans. L'auteur a choisi un homme qui se pose des questions existentielles sur les relations amoureuses, les corps, la vie et la mort, la filiation. Je me suis posé autant de questions que Lobbi sur l'attitude d'Anna... D'ailleurs, je trouve que les "rôles" homme/femme sont inversés (comprendront ceux qui ont lu "Rosa Candida", pour les autres je m'arrête là dans mon questionnement pour éviter les spoilers). Un autre thème très présent, mais en filigrane, c'est la religion (là je suis en train de lever les sourcils pour accentuer le côté mystérieux de mon propos et en ajoutant le même commentaire que ci-dessus concernant les spoilers. Désolée.)...

          En bref.

Une plume délicate pour une histoire simple qui s'écoule avec le temps de vivre. Carpe Diem. Je sens encore le parfum des roses... ^^

          Note         étoileétoileétoileétoileétoileétoileétoileétoile

          Pour en savoir plus sur l'auteur et le livre.

          Mes compagnons de [LC] organisée par Natiora: Stellade, Tetedelitote, Rose, Dawn, BenoitD67, ASK!, Plumisa,

Nordique

63977422_p