Leroux

          4ème de couv.

Publié en 1900, Le Fantôme de l'Opéra de Gaston Leroux, est devenu un classique du roman à rebondissements. Un suspense constant, une intrigue machiavélique, des situations ambiguës et beaucoup d'humour : on se lance sans retenue à la poursuite de ce fantôme "à travers les corridors et les escaliers mal éclairés" de l'Opéra Garnier ! Créature d'autant plus étrange qu'on lui attribue des phénomènes qui coïncident avec le plus fantastique, le plus mystérieux des drames...

          Première phrase.

"Ce soir-là, qui était celui où MM. Debienne et Poligny, les directeurs démissionnaires de l'Opéra, donnaient leur dernière soirée de gala, à l'occasion de leur départ, la loge de la Sorelli, un des premiers sujets de la danse, était subitement envahie par une demi-douzaine de ces demoiselles du corps de ballet qui remontaient de scène après avoir "dansé" Polyeucte."

          Citations.

"Il est des moments ou la trop grande innocence d'un esprit apparaît tellement monstrueuse qu'elle en devient haïssable."

"Si tu savais comme elle était belle quand elle m'a permis de l'embrasser vivante, sur son salut éternel... C'était la première fois, Daroga, la première fois tu entends que j'embrassais une femme... Oui, vivante, je l'ai embrassée vivante et elle était belle comme une morte!"

          Lilly's feeling.

Mêlant enquête et histoire d'amour, Gaston Leroux emmène son lecteur à l'Opéra Garnier. Son récit, parsemé de mystères et de frissons, est une lecture très particulière. Une atmosphère fantastique règne dans ce lieu mythique de part la présence (selon les rumeurs) du F de l'O. J'ai vraiment beaucoup aimé les balades dans l'opéra et ses sous-sols, ses passages secrets et ses personnages atypiques...

L'auteur joue sur l'ambiguité de l'existence du F de l'O. Pour cela il se fait narrateur omniscient et étaille son récit d'allusions à des documents d'archives qui semblent véridiques, d'adresses directes au lecteur, tout ça dans le but de prouver l'existence du Fantôme de l'Opéra. Il place son histoire sur un plan davantage documentaire que fictionnel, qui lui donne un côté journalistique (Tiens, c'est son métier...). 

Ce style un tantinet désuet, est selon moi de la vraie littérature, riche de mots et de tournures, que certains peu habitués trouveront parfois peut-être trop ampoulé. Moi, j'aime ça.

Tout tourne autour du triangle amoureux, mais je n'ai pas adhéré à leur histoire d'amour, trop gnangnan à mon goût. Raoul & Christine m'ont "un peu" agacée par leurs attitudes, mais peut-être est-ce dû à l'époque? En tout cas, y'a des secouages de puces qui se perdent, hein Raoul...^^ Il y a beaucoup de personnages secondaires. J'aurai bien aimé que Gaston Leroux développe davantage certains un peu plus importants comme le Comte de Chagny, Carlotta ou de Maman Valérius.

Mon préféré reste le Fantôme de l'Opéra, ce monstre sensible, un peu déséquilibré mais totalement fascinant. Pourtant il restera (trop?) mystérieux jusqu'à la fin, peut-être quelques scènes plus approfondies auraient permis de le connaître davantage... Je n'ai pas franchement pu le détesté, même s'il a une tendance satanique.

          En bref.

Une atmosphère "incroyable" mais loin du frisson parcourt ce roman. Si vous voulez découvrir une autre version du mythe de la belle et la bête, agrémentée d'une belle écriture, n'hésitez pas. Pour info, "Le fantôme de l'Opéra" existe en version Ebook (libre de droit).

          Pour en savoir plus sur l'auteur et le livre.

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