Céline

          4ème de couv.

".....Et nous voilà dès lors partis du côté du canon, et sans se faire prier, tous les cinq. On aurait dit qu'on allait aux cerises. C'était bien vallonné de ce côté-là. C'était la Meuse, avec ses collines, avec ses vignes dessus, du raisin pas encore mûr et l'automne, et des villages en bois bien séchés par trois mois d'été, donc qui brûlaient facilement.
On avait remarqué ça nous autres, une nuit qu'on savait plus du tout où aller. Un village brûlait toujours du côté du canon. On en approchait pas beaucoup, pas de trop, on le regardait seulement d'assez loin le village, en spectateurs pourrait-on dire, à dix, douze kilomètres par exemple. Et tous les soirs ensuite, vers cette époque-là, bien des villages se sont mis à flamber à l'horizon, ça se répétait, on en était entourés, comme par un très grand cercle d'une drôle de fête de tous ces pays-là qui brûlaient, devant soi et des deux côtés, avec des flammes qui montaient et léchaient les nuages......
.....Ça se remarque bien comment que ça brûle un village, même à vingt kilomètres. C'était gai. Un petit hameau de rien du tout qu'on apercevait même pas pendant la journée, au fond d'une moche petite campagne, eh bien, on a pas idée la nuit, quand il brûle, de l'effet qu'il peut faire! On dirait Notre-Dame! Ca dure bien toute une nuit à brûler, un village, même un petit, à la fin on dirait une fleur énorme, puis, rien qu'un bouton, puis plus rien.
Ça fume et alors c'est le matin."

          Première phrase.

"Ça a débuté comme ça."

          Lilly's feeling.

La chose qui claque dès les premières lignes de ce livre, c'est le style détonant. L'auteur se démarque totalement de l'écriture classique et policée de l'époque. Son verbe est haut,il utilise un langage parlé, parsemé de pointes d'argot et quelques sursauts de phrases plus soutenues. Cette sensation de "bordel" est très déroutante car il maîtrise parfaitement son récit.

Il ne se passe pas grand chose au fil de ces 500 et quelques pages. Bardamu est un véritable anti-héros. Ses aventures commencent pendant la première guerre mondiale, et déjà là il fait preuve de la lâcheté qui définit tout son être. Il erre ensuite à travers le monde, errance qui le conduit de l'Afrique aux États-Unis en passant par la France bien sûr. Cette fuite perpétuelle en avant à travers le monde ne permet pas à Bardamu de se connaître, au contraire, il met la tête dans le sable. Les thèmes principaux de "voyage au bout de la nuit" sont la lâcheté, le voyage, critique de la hiérarchie...

Même en m'accrochant, je n'ai pas réussi à  terminer ce livre. Je n'ai jamais pu apprécié cette verve si particulière, cet univers sombre. Mon impression est que  (attention oreilles sensibles s'abstenir de même que les fans de l'auteur) ce livre crasseux, barbant et nombriliste, avec une pointe déprimante. Mais ce n'est que mon avis, un peu dur je dois dire vu l'auteur que c'est...^^

Ce livre montre que Céline était un provocateur né. Ce qui m'amène à une question (un débat devrais-je dire) qui m'a perturbée  sachant ce que tout le monde sait sur l'auteur, c'est-à-dire ses pamphlets anti-sémites, son statut de collaborateur pendant la seconde guerre mondiale, bref sa personnalité. Ma question: "Est-ce que la vraie nature d'un écrivain peut entâché votre appréciation de son oeuvre?" A première vue, j'aurai répondu non, mais après coup je me dis que ça gâche un peu quand même... Mais quand même, je ne sais pas trop parce que le monde n'est pas ni tout blanc, ni tout noir...

          En bref.

Les avis sont très tranchés vis à vis de ce livre, soit on aime soit on déteste, c'est comme l'opéra. Quant à moi, je n'ai absolument pas apprécié cette lecture, mais que ça ne vous empêche pas d'essayer, car on ne peut se faire sa propre opinion que comme ça. ^^

          D'autres avis: Akantha, Love-of-book, Chassegnouf, Petitefleur.

          Pour en savoir plus sur l'auteur et sur le livre.

          Note          étoile

Ce livre a été lu dans le cadre du Challenge organisé par Calypso "Un mot, des titres". Voici le compte-rendu de cette troisième session. Le mot de la prochaine session se trouve .

Un-mot-des-titres

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