Hobb

          4ème de couv.

Au royaume des six Duchés, le prince Chevalerie, de la famille régnante des Loinvoyant - par tradition, le nom des seigneurs doit modeler leur caractère- décide de renoncer à son ambition de devenir roi-servant en apprenant l'existence de Fitz, son fils illégitime. Le jeune bâtard grandit à Castelcerf, sous l'égide du maître d'écurie Burrich. Mais le roi Subtil impose bientôt que FITZ reçoive, malgré sa condition, une éducation princière. L' enfant découvrira vite que le véritable dessein du monarque est autre : faire de lui un assassin royal. Et tandis que les attaques des pirates rouges mettent en péril la contrée, Fitz va constater à chaque instant que sa vie ne tient qu'à un fil : celui de sa lame...

          Première phrase.

"L'histoire des Six-Duchés se confond nécessairement avec celle de leur famille régnante, les Loinvoyant."

          Citations.

"Parce que tu es un bâtard royal, et l'otage de ta propre lignée."

"En bas, sur la plage, Martel lançait une nouvelle attaque contre un vol de mouettes; la langue lui pendait entre les pattes, mais il continuait à galoper."

"Si, à cet instant, j'avais répondu "Moi", je crois que son coeur aurait roulé entre mes mains maladroites comme un fruit mûr tombant de l'arbre. (...) et l'instant propice disparut à jamais, emporté comme les embruns par le vent."

          Lilly's feeling.

Ça y est, je fais mon entrée dans la saga de l'Assassin Royal. J'en ai beaucoup entendu parler, pression pression... Écrit comme des mémoires, ce premier tome est un roman initiatique. Le lecteur se colle dans les pas de Fitz Chevalerie, un jeune garçon qui arrive à Castelcerf (remarque plus bas sur les noms choisis par l'auteur). Mais il n'est pas n'importe qui. Fitz est le terme argotique pour signifier "bâtard" et Chevalerie est le nom de son géniteur, le futur roi-servant. Tout au long des pages, il va avoir beaucoup de mal à trouver sa place entre deux mondes auxquels il n'appartient pas vraiment, celui de la famille royale et le "peuple".

Chaque en-tête de chapitre donne des informations sur l'histoire des Six-Duchés, ses traditions, mais aussi sur les personnages importants pour la suite de l'histoire. Cette dernière est émaillée de nombreux rebondissements, et d'un habile équilibre entre amitiés & apprentissages, intrigues & trahisons, mystères & réflexions, magie & aventures. La densité du récit aurait pu rendre le récit rébarbatif, mais il est bien construit et chaque élément est à sa place. Le style de Robin Hobb permet d'entrer immédiatement dans l'histoire, fluide avec un petit quelque chose qui donne envie de tourner la page pour connaître la suite. Cette écriture est contradictoire face à la densité des informations, l'auteur garde une certaine simplicité dans sa façon de conter.

Les personnages sont attachants et acquièrent rapidement de l'épaisseur, il y en a de tous les milieux du maître des écuries au roi-servant en passant par le petit palefrenier. La société décrite est très complète et le lecteur n'a aucun mal à s'immerger dedans. Les personnages sont nombreux mais le lecteur n'a pas de mal à suivre grâce au choix des noms fait pas Robin Hobb, qui ne sont pas anodins.  En effet le nom choisi pour chacun représente sa principale qualité, ainsi le roi Subtil est un très bon diplomate qui arrive toujours à ses fins à force de subtilités et le prince Royal est aussi paré qu'un sapin de Noël. Par contre Burrich ne me demandez pas ce que ça peut signifié, bourru peut-être? Ça lui va comme un gant d'ailleurs.

J'ai beaucoup apprécié la relation qui se crée immanquablement entre Fitz  et les chiens. Grâce au "Vif" il a le don de "communiquer" avec les animaux, il s'attachera en particulier à Fouinot (j'adore ce nom. ^^) et à Martel.  Les personnages auxquels j'ai été le plus sensible à part Fitz, sont Burrich le maître des écuries, le Prince Vérité et le mystérieux Fou. Je n'ai pas réussi à cerner le roi Subti, peut-être l'est-il trop pour moi. En tout cas, je ne lui ferai pas particulièrement confiance.

Un point négatif quand même: j'aurai eu besoin d'une carte du pays pour situer les déplacements dont il est question lors du récit, et visualiser les attaques des Pirates rouges. Les noms géographiques sont aussi très simple et imagés : Le fleuve Cerf, Bord-de-Sable, CastelCerf... Il y a quelques longueurs au milieu du récit et le moral dépressif de Fitz sont compensés par le dénouement "haletant" qui éclaircira quelques unes des questions que l'on se pose, mais il reste de nombreux mystères à la fin de ce premier tome. 

          En bref.

Un premier tome dense et bien écrit dans lequel on entre avec plaisir. Ça serait dommage de passer à côté de ce premier tome, ce qui n'oblige pas à lire la suite, moi j'ai accroché en tout cas. Dire qu'il va falloir que je lise les 12 autres tomes... Cool! ^^

          C'est une série (et longue en plus!) : tome suivant "L'assassin du roi".

          D'autres avis: Iani, Flof13, Nathalie, Melisende, Petitelfe, Walpurgis, Livrons-nous.

          Pour en savoir plus sur l'auteur et la saga.

          Note         étoileétoileétoileétoileétoileétoileétoile